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Une obligation (en anglais : bond) est un titre de créance (valeur mobilière ou immobilisation financière) représentatif d'un emprunt. En tant que tel, l'obligation est cessible et peut donc faire l'objet d'une cotation sur une Bourse, i.e. un marché secondaire. Dans la pratique, les volumes échangés se négocient principalement de gré à gré.
modifier Caractéristiques principalesCe titre est un contrat entre l'émetteur et les détenteurs successifs du titre, dont les deux éléments principaux sont l’échéancier des flux financiers et leur mode de calcul. Les émetteurs (emprunteurs) sont aussi bien des organismes privés que des collectivités publiques (en particulier les trésors publics). Une obligation est émise originellement à court, moyen ou long terme, voire sans date d'échéance (obligations perpétuelles). Toutefois on réserve souvent l'appellation d'obligation aux titres de durée supérieure à 5 ou 7 ans. Pour les durées inférieures, les termes "bon" (du Trésor…) ou "billet" (de trésorerie…) sont généralement préférés. modifier ExempleL'obligation assimilable du Trésor 4.75% 25/4/2035, dont la détention unitaire (on dit aussi : valeur nominale) est d'un euro, est un contrat par lequel la République française s'engage à verser au détenteur du dit contrat :
Le prix auquel ce contrat se négocie actuellement est la valeur actuelle de l'obligation. Une deuxième façon de présenter les choses est de dire que le détenteur de l'obligation :
modifier ÉmetteursUne obligation peut être émise par :
modifier Transactions et détentionLa détention des obligations par les particuliers est devenue essentiellement indirecte : elle s'effectue très largement via les OPCVM et les contrats d'assurance-vie. Néanmoins, les obligations peuvent toujours théoriquement être détenues directement par les particuliers et font donc règlementairement l'objet d'une cotation officielle - quoique souvent sans transactions, donc fictive, ou théorique - sur une Bourse. La quasi-totalité, en volume, des transactions s'effectuent de gré à gré, hors bourse, entre institutions financières : banques d'investissement, assureurs, gestionnaires d'OPCVM, banques de dépôt, etc. Les volumes échangés sont considérables, plusieurs milliers de milliards d'euros chaque jour, particulièrement en emprunts d'État et produits dérivés de ceux-ci, qui constituent le marché directeur des taux d'intérêt à moyen et long terme. Les titres de créance négociables sont des instruments très proches des obligations mais qui, eux, ne sont pas destinés à être détenus en direct par des particuliers, seulement par des gestionnaires d’OPCVM et autres professionnels des marchés financiers. Leur règlementation est donc légèrement différente. modifier Valeur actuelleArticles détaillés : Actualisation, Coefficient d'actualisation, Taux actuariel, Taux zéro-coupon, Courbe de taux, Spread de crédit et l'article général Taux d'intérêt Une obligation est un ensemble de flux décalés dans le temps. Ces flux ne sont donc pas directement comparables entre eux. Un euro à une date Notons avec ![]() l'ensemble des flux tombant aux dates Pour ramener ces flux à une base commune, à leur équivalent à une date unique La valeur actuelle (le terme correct est plutôt valeur actualisée mais valeur actuelle est l'expression usuelle) de l'obligation est donc la somme des valeurs actuelles de chacun des flux : ![]() Il existe une formule simplifiée de l'actualisation, avec un seul taux, le taux actuariel, qui bien qu'imprécise, est très utilisée et sert dans une première approximation. modifier Un outil d’évaluation : le rendement à l’échéanceL'actualisation consiste à rendre équivalent un prix de l'année X + 1 à un prix de l'année X. Chaque année les prix augmentent de X % et donc par la même occasion la valeur de l'argent diminue d'autant (1 € en 2000 ne valait pas 1 € aujourd'hui). Pour revenir aux obligations, celles-ci vont verser chaque année le même intérêt. Définition : le rendement à l'échéance est le taux qui rend équivalent (= comparable) le prix actuel de l'obligation à l'actualisation des revenus futurs. (supposons 1 000 €). On sait que recevoir 1 000 aujourd'hui ou dans 10 ans ne revient pas au même : c'est pour cela que l'on va actualiser ces intérêts et surtout le capital qui sera remboursé à la fin pour connaître la valeur de l'obligation. Exemple : une obligation sur 3 ans de € 100 000 qui donne des intérêts de 10 % est cotée à 98 %. Quel est le rendement à l'échéance ? les revenus futurs sont :
Pour connaître le rendement à l'échéance, il faut résoudre l'équation suivante : ![]() Le rendement à l'échéance est le taux (t) qui permet de résoudre cette formule. Ici, on trouve 10,82 % Définition : Le taux actuariel est le rendement réel de l'obligation à l'échéance, ce qui n'a rien à voir avec le taux d'intérêt nominal. Exemple : par approximation :
Pour déterminer le taux actuariel par approximation, il suffit de déterminer le surcoût et le répartir sur la durée. Le surcoût est le prix d'émission de 2 %, soit par an 0,2 % que l'on déduit du taux nominal (7 % - 0,2 % = 6,8 %). Conclusion: Plus la durée de vie de l'obligation est longue, plus le coût de la surprime sera étalé et donc son impact plus faible. Exemple : par formule approximative :
(Remboursement - Cours) / Nombre d'années
Intérêt + ________________________________________
(Remboursement + Cours) / 2
![]() modifier Modalités juridiquesLes modalités juridiques d'une obligation peuvent être très diverses. Dans le cas d'un placement privé (obligations non cotées), les modalités des titres sont définies dans un contrat d'émission (ou contrat de souscription). Dans le cas d'une émission effectuée par appel public à l'épargne ou lorsque l'admission des obligations à la négociation sur un marché réglementé a été demandée (obligations cotées), les modalités des titres sont généralement définies dans un prospectus contrôlé par l'autorité de contrôle du marché (pour une cotation sur Euronext Paris, l'Autorité des marchés financiers, pour une cotation sur la Bourse de Luxembourg, la Commission de surveillance du secteur financier). modifier Principaux paramètresLes flux d'une obligation sont définis par :
modifier Taux fixe, variable ou nulLe taux d'intérêt peut être :
modifier Options éventuellesDe plus, certaines obligations sont dotées d’options, comme par exemple le remboursement anticipé à certaines dates au gré de l'émetteur (en anglais : callable bonds) ou au contraire de prorogation à l'échéance, ou encore d'échange contre un autre titre, avec ou sans bon de souscription séparé. Certaines sont dotées d'une option d’échange contre des actions - Voir l'article principal : Obligation convertible. modifier Cas généralLa plupart des obligations sont des obligations annuelles classiques (qu'on appelle en anglais : plain vanilla bonds, « obligations à la vanille »), c'est-à-dire :
Exemple : l'Obligation assimilable du Trésor 4,75% 25/4/2035, déjà prise pour exemple ci-dessus en introduction, est une obligation classique à taux fixe d'échéance 25/4/2035 et de taux nominal 4,75%. modifier Cours et coupon couruVoir article principal : Coupon couru. Il est d'usage de séparer arbitrairement la valeur actuelle d'une obligation en :
Cette habitude vient d'une époque - le XIXe siècle - où ni les ordinateurs ni les calculettes n'existaient. Il était donc important de pouvoir afficher un prix apparent des obligations (le cours) permettant de les comparer entre elles sans avoir à faire des calculs complexes. Le développement des moyens de calcul électroniques a rendu cela moins nécessaire, mais l'usage est resté. En effet, comme on peut le constater sur le graphique ci-contre, plus on se rapproche d'une date de versement de coupon, et plus le prix de l'obligation (ligne bleue), mécaniquement, intègre le montant dudit coupon. Il le reperd, tout aussi mécaniquement, mais brusquement, une fois ledit coupon versé. En soustrayant, pro-rata temporis, du prix d'une obligation l'effet du prochain coupon, le « coupon couru », on obtient une courbe (en rouge, sur le graphique) beaucoup plus régulière et facile à interpoler dans le temps : le « cours ». Deux termes anglais sont régulièrement utilisés pour évaluer une obligation :
modifier Risque de crédit et prime de liquiditéVoir les articles principaux : Spread de crédit, Risque de crédit, Prime de liquidité et Notation financière En cas de défaut de l'émetteur (faillite, dépôt de bilan, etc.), le détenteur d'une obligation supporte le risque de ne pas retrouver son capital (ex : Enron, Worldcom, Parmalat…). Certes, le risque inhérent à une obligation est plus faible que celui présenté par une action, du fait que les détenteurs d'obligations occupent un rang beaucoup plus élevé dans l'ordre des créanciers que les détenteurs d'actions. Néanmoins, ce risque est bien réel.
Si les seuls crédits qui soient réellement sans risque sont… ceux qui ont été remboursés, il existe une bonne approximation d'un crédit à la fois sans risque et non-encore échu. Elle est constituée par les emprunts d’État les plus liquides émis par les moins endettés des grands pays développés, c'est-à-dire des obligations
Les taux dérivés de ces emprunts correspondent donc, pour chaque devise où ils existent, aux taux sans risque. Les autres obligations, moins liquides, comportent un risque, dont la mesure par le marché obligataire est donnée par la différence de taux entre leur taux de rendement et les taux sans risque. Cet écart de taux, ou spread de crédit, correspond en théorie à la somme :
Les obligations font souvent - bien que cela ne soit pas obligatoire - l'objet d'une notation financière qui permet normalement de mieux évaluer le risque de crédit présenté par le titre. modifier Cours des obligations et taux d'intérêtVoir articles principaux : Courbe de taux et Spread de crédit Comme on l'a vu, une obligation est un emprunt qui sert un taux d'intérêt, exprimé sous forme d'une séquence de coupons sur une période donnée, puis d'un remboursement final, le plus souvent à la valeur nominale. Pour évaluer une obligation, on calcule la valeur actuelle de tous les versements à venir (coupons et valeur nominale) en actualisant les sommes avec un taux d'intérêt correspondant au risque de l'obligation. Aussi, quand les taux d'intérêts augmentent, on va actualiser à un taux plus élevé, et donc cela va réduire la valeur actuelle des revenus de l'obligation. On en déduit que :
modifier Voir aussi
modifier Liens externesLes agences spécialisées (Bloomberg, Reuters, Dow Jones, etc.) ainsi que les plateformes de trading d'instrument de taux d'intérêt (MTS, Cantor Fitzgerald, BrokerTec, etc.) tirent une partie importante de leurs revenus de la vente d'informations quantitatives aux participants aux marchés financiers. L’information sur les marchés de taux d'intérêt gratuite, ou même plus généralement à un prix accessible pour un particulier, est donc fort peu disponible sur internet. modifier Euromodifier Relevés quotidiens à 11h, heure de Paris
modifier Spreads de créditmodifier Dollar US
modifier Références complémentaires
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