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Le nationalisme en tant que doctrine et idéologie s'est cristallisé au XIXe siècle et au XXe siècle simultanément dans plusieurs pays d'Europe. Il ne faut pas le confondre avec le patriotisme, ni avec le chauvinisme/ethnocentrisme qui est un patriotisme exagéré et agressif.
modifier Définitions du nationalisme
modifier Ambiguïtés liées aux nationalismes
Statue de la Mère Russie, aussi appelée Mamayev Kurgan (1), statue colossale (52m, érigée à Volgograd en 1967, la plus haute du monde à ce moment) ;elle représente la mère patrie en armes.
Le « nationalisme » est un terme ambigu quand il n'est pas défini. Il entend toujours défendre une identité nationale, justifiée par une communauté historique et culturelle, face à une agression extérieure, réelle ou supposée. Il semble avoir besoin de désigner un « ennemi » pour exister. Il a parfois pu s'exprimer contre un « ennemi intérieur » ou un bouc émissaire, souvent étranger: le nationalisme français sous Pétain était antisémite, sous De Gaulle antiaméricain, aujourd'hui il est anticommunautariste et généralement antieuropéen. Suivant le même paradigme, un « nationalisme européen », combattant l'idée de nation, en transpose les caractéristiques à un niveau supra-étatique pour glorifier le « peuple européen ». Il a pour ennemis les États-nations, associés a tord à l'idée de guerre; le nationalisme européen trouve parfois un ennemi (en particulier en France) dans les États-Unis, système à combattre en l'imitant (politique de la concurrence, liberté de circulation des capitaux, biens et services). La nationalisme européen, ou européisme, n'est pas uniforme : il est en général la transposition des idées nationales selon les pays : l'Europe-puissance en France (la grande nation française au niveau communautaire), l'Europe-fédérale en Allemagne (la reproduction d'un Bund européen), l'Europe libérale pour les pays atlantistes. Les nationalistes régionaux dénoncent le « centralisme jacobin », qui a conduit à une homogénéisation et une éradication culturelles et linguistiques imposées à différentes minorités intégrées de force dans la population française. Les partisans d'une République française « une et indivisible » soulignent au contraire les effets bénéfiques de l'éducation nationale et de la promotion sociale et nient l'écrasement et l'éradication de cultures différentes. Les souverainistes et les républicains craignent quant à eux une conjonction des nationalismes régionaux et de l'étatisme européen. modifier Plusieurs types de nationalismesOn considère généralement l'existence de plusieurs types de nationalisme :
modifier Deux principaux courants idéologiquesLe nationalisme contemporain en France peut se subdiviser en deux courants principaux :
modifier Liste de partis nationalistesCette liste regroupe les véritables partis ou mouvements nationalistes, mais pas les mouvements fascistes, ni les mouvements uniquement indépendantistes ou religieux.
modifier Le nationalisme dans l'histoiremodifier AntiquitéDès l’Antiquité, il existe un sentiment d'appartenance commune à des entités politiques ou morales. On peut citer en exemple :
Ces exemples font référence à des entités morales et non à des nations au sens moderne. modifier Le Moyen Âgemodifier Le nationalisme moderne en Europemodifier En AllemagneLa Prusse profite de sa victoire pendant la guerre de 1870 pour imposer l'unification de l'empire allemand . Le nationalisme allemand sera théorisé par des auteurs comme Herder (Une autre philosophie de l'histoire), qui défend la supériorité de la culture germanique sur les autres. modifier La naissance du nationalisme allemandMais c'est en Prusse que naît un sentiment allemand national. Battue par Napoléon Ier, la Prusse est affaiblie et cherche à se relever. Elle pense qu'une union doit se faire entre les peuples du territoire allemand pour se battre contre l'ennemi commun : Napoléon. Le nationalisme est un courant d'idée qui affirme la supériorité de la nation dans la construction des États. Stein, ministre d'état prussien de 1804 à 1808 et Hardenberg, ministre des Affaires étrangères de 1804 à 1806, réforment l'État prussien Scharnhorst et Gneisenau, général et maréchal prussiens, réorganisent l'armée prussienne de 1807 à 1813 et l'animent d'un sacrifice au salut national commun. C'est autour de la Prusse que se regroupent les patriotes allemands dans cette guerre patriotique et nationale que l'on appelle très vite les guerres de libération (Befreiungskriege). Apparaissent alors toute une série de libelles et de textes réclamant la constitution d'un État allemand groupant tous les peuples parlant la langue allemande, incluant au besoin des peuples en dehors de ce qui était jusqu'en 1806 le Saint Empire. Ainsi se développe le Volkstum, rassemblement de tous les hommes de même langue, de même culture. modifier Dans l’Empire austro-hongroisL'identité binationale en Autriche-Hongrie forme une situation particulière pour cet État, Empire central en Europe. Le XIXe siècle voit la naissance ou l'affirmation de sentiments nationalistes au sein des différents peuples regroupés sous l'autorité de l'Empire Austro-hongrois. C'est le prélude à la dissolution de cet empire à l'issue de la 1re guerre mondiale. modifier En Belgiquemodifier En FranceLe concept de nation, au sens actuel du terme, vient de la Révolution française. On vit en effet apparaître, au début de la Révolution, une société, le Club de 1789, plutôt modéré, qui se réclamait du patriotisme. Une autre société, que François Perrault décrit comme beaucoup plus radicale, apparut par la suite (1792) : la société patriotique du Luxembourg. Il en découle une politique dont les objectifs sont essentiellement l'indépendance, l'unité et la prospérité de sa propre nation et de son peuple. Le nationalisme base l'identité d'un individu sur son rapport à une nation. La nation révolutionnaire française fut et demeure un outil de pouvoir intérieur, tout comme après la Guerre de Cents Ans. Après la Révolution de 1789 qui abolissait les privilèges des nobles et du clergé (4 août 1789), et instituait de fait une Monarchie parlementaire, la Convention , l'abolition de la Royauté et la prise de pouvoir par les Jacobins qui éliminèrent par le massacre (la Terreur) leurs rivaux, les Girondins républicains plus modérés et libéraux, assurèrent le renforcement du centralisme et de l'absolutisme précédemment royaux Alexis de Tocqueville : l'ancien Régime et la Révolution. L'embrigadement de la société civile atteignit la perfection avec le Premier Empire et l'institution des Préfectures. L'invention du nationalisme moderne par la France et surtout sa transmission aux autres peuples d'Europe (Allemagne, Italie) lui a coûté sa place de 1re puissance européenne et donc mondiale du XVIIIe siècle [réf. nécessaire]. Il en est de même pour l'Europe dont on peut considérer 1914 comme une tentative de suicide "inter-nationaliste" [réf. nécessaire]. Dans les années 1950, lors de la guerre d'Algérie, les nationalistes français s'engagent aux côtés de l'OAS pour défendre l'intégrité du territoire républicain menacé par la rétrocession des départements d'Algérie française où s'étaient établis un million de nouveaux français ( Effectivement, les Colons n'était qu'une minorité de la minorité des personnes aisées ) depuis 132 ans. Le nationalisme poussa les membres de l'OAS à pratiquer des assassinats contre tous ceux qui encourageaient le mouvement indépendantiste et à tenter de supprimer le chef de l'État comme l'expliquera l'un d'entre eux. modifier En Italie
Au début du XIXe siècle, la péninsule italique n'était toujours pas unifiée en une nation comme le montre cette carte de l'Italie en 1859.
Le XIXe siècle voit le développement de l'idée nationale italienne et l'unification de l’État italien autour de la dynastie de Piémont-Sardaigne. modifier Au JaponLe nationalisme moderne japonais se développe durant l'ère Shōwa (entre 1926 et 1945). Il est basé sur la supériorité de la race nipponne, le monarchisme, le militarisme et l’expansionnisme. modifier Dans l'Empire OttomanLe même phénomène se fait jour dans l'Empire ottoman. L'indépendance de la Grèce, les guerres dans les Balkans sont le signe annonciateur de l'effondrement de cet empire à l'issue de la 1re guerre mondiale. modifier Au Royaume-UniLes nationalistes irlandais s'organisent et créeront en 1905 le Sinn Féin et l'IRA (parties revendiquant l'indépendance, l'IRA utilisera la violence pour se faire connaître…). Pendant la Première Guerre mondiale, les Irlandais se révolteront et la répression sera féroce. Quoique les idéologies nationales du Pays de Galles et de l'Écosse n'aient pas atteint le degré de violence précité, ces deux autres nations formant l'État plurinational de Grande-Bretagne ont également développé des nationalismes ; celui d'Écosse échoue en 1930, là où il réussira en 1997 concernant la souveraineté autonomique, en se réformant considérablement (le visage du nationalisme écossais contemporain est bien différent des années 1930). modifier SynthèseLe développement de l'idée de nation et donc du nationalisme est indissociable du développement de l'État moderne. Le nationalisme se base sur des identités variables. Deux grands types de nationalisme peuvent être définis :
Le nationalisme ne peut être complètement analysé selon une typologie gauche-droite, même s'il est plutôt de droite, et si dans la première moitié du XXe siècle, il a été à l'origine des mouvements fascistes et nationaux-socialistes et en opposition aux Internationales socialistes successives. Il peut s'opposer au supranationalisme d'entités politiques plus vastes. En France, on désigne historiquement sous ce vocable, plus particulièrement, une tendance intellectuelle et politique des débuts de la Troisième République née après la défaite de 1870, surtout à l'origine dans les milieux radicaux et que l'on classera plutôt à droite à la fin du siècle. Les nationalistes voulaient à l'origine dépasser les clivages idéologiques nés de la Révolution et chercher à réunir les Français autour d'une Histoire et d'une identité pouvant recréer un consensus dans l'objectif d'une revanche ou d'une défense face aux ambitions allemandes, de plus en plus affichées avec l'arrivée de Guillaume II au pouvoir. Ainsi compris, le nationalisme français peut être considéré comme un mouvement général qui embrasse tous les partis non socialistes, des conservateurs aux radicaux, quelquefois sous des formes populistes dangereusement bellicistes (le boulangisme) ou pouvant dériver sur le conservatisme (défense à tout prix de l'armée et, moins fortement, de l'Église), sur la xénophobie ou l'antisémitisme (obsession de l'ennemi intérieur surtout dans l'Affaire Dreyfus). Le nationalisme de doctrine ou d’« extrême droite » (encore qu'il n'ait pas grand chose à voir à l'origine avec les droites légitimiste, orléaniste ou conservatrice) n'apparaît de façon autonome qu'au moment de l’affaire Dreyfus et aura pour principale figure Maurice Barrès, qui avait déjà pris position contre le néo-kantisme et toutes les philosophies allemandes rationalistes ou non, très à la mode à l'époque dans les universités françaises, au nom de la « patrie et des morts », contre les abstractions métaphysiques sans rejeter pour autant le régime et les idéaux de la Révolution. Il n'est que la pointe extrême d'une tendance dont se réclameront des gens aussi différents et quelquefois adversaires acharnés que Poincaré, Jules Ferry, Émile Flourens, Boulanger, Paul Déroulède, Victor Hugo, Félix Faure ou Clemenceau. modifier Autres tendances « nationalistes »Au XXe siècle, précédemment limité à l'Europe et aux États-Unis d'Amérique, le nationalisme s'étend dans les pays du Sud qui contestent l'assimilation des nationalistes du Nord qui les a conduit à être colonisés. modifier Les séparatismesCertains nationalismes, les nationalismes libérateurs ou défensifs, ont pour but déclaré de libérer une nation de l’emprise d’une autre entité perçue comme dominante. Ce sont des séparatismes. On peut situer dans ce courant :
Quand l’entité dominante est un État, on parlera, suivant le degré d’autonomie souhaité, de régionalisme, d’autonomisme ou d’indépendantisme. En Europe, quand l’entité perçue comme dominante est une structure plus large qu’un État (par exemple l’Union européenne), on parlera plutôt de souverainisme. modifier Les impérialismesL'autre grande tendance dans le nationalisme, le nationalisme dominateur, nettement plus conquérante, vise à la domination par une nation d'un territoire nettement plus vaste que celui qu’elle occupe. On peut notamment citer :
Le nationalisme est dans ce cas synonyme d’impérialisme (si l’entité dominée est hors de l’État dominant) ou de jacobinisme (si l’entité dominée fait partie intégrante de l’État dominant). Ce nationalisme cherche parfois des justifications dans une grande histoire : rêves de rétablissement de l'Empire romain de Mussolini, théorie du Lebensraum (espace vital) des nazis, prétentions civilisatrices du colonialisme, etc. Une distinction cruciale entre ces deux tendances fondamentalement différentes est la reconnaissance ou non de droits égaux aux autres peuples. Beaucoup de partis nationalistes ont été progressivement associés à l'extrême droite bien qu'à l'origine le nationalisme n'y soit pas lié (mais le deviendra par une évolution semblant se dessiner à la fin du XXe siècle). Le NSDAP se voulait par exemple « national-socialiste ». modifier Le « nationalisme technologique »Maurice Charland a caractérisé un « nationalisme technologique » comme une tendance vers la construction et la légitimation de l’État-nation par des systèmes de transport et de communication financés et parrainés par les pouvoirs publics.4 Harold Innis, théoricien de la communication, amorce une réflexion sur le nationalisme technologique et sur la relation économique qui unit le Canada urbain au Canada rural, idées sur lesquelles s'appuie sa théorie des principales ressources.5 modifier Oppositions au nationalisme
On peut citer en opposition au nationalisme, l'universalisme politique, cf le journal L'universaliste.
modifier Notes et références
modifier Voir aussimodifier Articles connexes
modifier Bibliographie
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