Négritos.html

 
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Carte des populations de négritos, avec une hypothèse sur leurs anciennes régions d'habitation.

Le terme Négritos désigne des populations de petites tailles et à peau noire vivant dans le sud-est asiatique.

Ces populations sont regroupées en trois zones géographiques : les Philippines, la péninsule malaise (laquelle est partagée entre la Malaisie, la Thaïlande et la Birmanie) et les îles Andaman.

On pense souvent que ces populations descendent des premiers humains modernes arrivées dans la région, il y a 50 à 70 000 ans.

Sommaire

modifier Description physique

Femme Ati des Philippines.
Deux Andamanais, en 1875.

Le mot négrito est la forme diminutive de l'espagnol negro et signifie donc « petit Noir ». Ce sont les premiers visiteurs espagnols des Philippines qui ont appelé ainsi ces populations, pensant qu'elles venaient d'Afrique en raison de leur phénotype.

De la taille des Pygmées, les Négritos sont parmi les peuples les plus petits, en nombre comme en taille et les moins connus. Ils possèdent parmi les ensembles génétiques les plus purs d'ADN mitochondrial (mtDNA) de l'humanité. Leur mtDNA sert donc de base pour l'étude des dérives génétiques 1

modifier Origines

Les Négritos sont probablement les habitants indigènes de l'Asie du Sud-Est. L'installation de ces groupes dans la région remonte en effet au moins à 50 000 ans2, voir 60 ou 70 000 années.

Malgré leurs apparences similaires (peau très noire, cheveux crépus, petite taille), les analyses génétiques des négritos montrent un apparentement incertain, et au mieux très ancien2, qui implique sans doute la migration de divers groupes d'origines africaine, et non une origine unique.

Dans le cas particuliers des populations andamanaises, « des études récentes de l'ADN mitochondrial [...] donnent à penser que les Andamanais sont plus étroitement liés à d'autres [populations] Asiatiques qu'aux Africains modernes3 ». Ce qui s'explique si on considère que la nappe de population qui a quitté l'Afrique pour l'Asie il y a 50 à 70 000 ans avait un type physique assez africain, type physique perdu par mutation chez les populations asiatiques modernes. Les ressemblances physiques entre Négritos, ou entre Négritos et Africains, ne renvoient alors qu'à des caractères ancestraux conservés (plésiomorphie), comme la couleur de la peau, qui n'expriment aucune apparentement récent. A l'inverse, les Andamanais portent des caractères génétiques dérivés (apomorphie) dans leur ADN maternel, qui montrent qu'ils dérivent comme les asiatiques modernes d'une ancienne nappe d'immigrants africains. Malgré les ressemblances avec les africains, ils sont au final plus proches de leurs voisins asiatiques, avec lesquels ils partagent des ancêtres communs non africains.

Certains anthropologues rangent les Négritos dans un ensemble plus vaste qu'ils appellent "veddoïde", une hypothèse aujourd'hui assez contestée.

modifier Populations

Négritos des Philippines, vers 1899.

Les populations référencées sont :

modifier Mode de vie

Les négritos sont généralement des nomades chasseurs-cueilleurs, encore que certains soient devenus des agriculteurs sous l'influence des populations qui les ont progressivement entourées, en particulier les austronésiens pour les deux zones des Philippines et de la péninsule malaise.

Les Semang de Malaisie fabriquaient il y a encore peut de temps des vêtements à partir d'écorce d'arbre battue et vivaient aussi bien dans des grottes que sous des abris de feuillage.

Les Andamanais, bien que connaissant le feu, ne savaient pas le produire avant l'arrivée de populations allochtones4.

modifier Langues

Les indigènes des îles Andaman (Andamanais) ont conservés des langues qui leur sont propres, ce qui s'explique par le caractère assez récent de leur contact avec d'autres populations, lequel remonte pour l'essentiel au XIXe siècle.

Les négritos des Philippines et de la péninsule malaise ont par contre généralement été acculturé par leur environnement de façon beaucoup plus ancienne, et parlent aujourd'hui des langues austronésiennes (Jakun de Malaisie, Aeta des Philippines), ou des langues môn-khmer (Semang ou Senoï de Malaisie). On trouve cependant dans ces langues certains termes sans étymologie austronésienne connue, qui sont l'indice d'un substrat linguistique antérieur aux langues actuellement parlées5.

modifier Menaces

Icône de détail Article détaillé : Survival International.

Les populations de négritos sont aujourd'hui extrêmement menacées par l'acculturation, les maladies, et l'invasion de leurs terres traditionnelles par les populations avoisinantes.

modifier Notes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Négritos.

  1. "DNA Study Yields Clues on Early Human's First Migration" New York Times, 13 mai 2005 p. A7
  2. ab « Phylogeography and Ethnogenesis of Aboriginal Southeast Asians », article publié en 2006 dans Molecular Biology and Evolution, par Catherine Hill, Pedro Soares, Maru Mormina, Vincent Macaulay, William Meehan, James Blackburn, Douglas Clarke, Joseph Maripa Raja, Patimah Ismail, David Bulbeck, Stephen Oppenheimer, Martin Richards.
  3. « Molecular Relatedness of The Aboriginal Groups of Andaman and Nicobar Islands with Similar Ethnic Populations », International journal of human genetics, mars 2003, volume 3, par V. K. Kashyap, T. Sitalaximi, B. N. Sarkar et R. Trivedi.
  4. (en)George Weber, The Andamanese, chap.17. Pottery, Tools and Technology
  5. Concernant les négritos philippins, voir par exemple « Possible non-Austronesian lexical elements in Philippine Negrito languages », par L A Reid, article paru dans Oceanic linguistics (ISSN 0029-8115) en 1994. Volume 33, no1, pp. 37-72.
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