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Un monothéisme (du grec μονός monos, « seul, unique » et θεός theos, « dieu ») est une doctrine religieuse ou philosophique qui affirme :
On se réfère alors à ce dieu par le mot Dieu avec une majuscule. Monothéismes les plus répandus (par ordre chronologique) :
modifier Religions abrahamiquesL'expression "religions abrahamiques" désigne les religions découlant de la révélation d'Abraham, qui a donné naissance au judaïsme. Quatre millénaires plus tard (selon la chronologie traditionnelle) est né le christianisme, Jésus étant censé être le messie attendu par les juifs. Ensuite, au VIIe siècle est apparu l'islam, qui réfute l'idée qu'un humain puisse être Dieu et considère Jésus comme le messie, mais aussi comme un prophète, tout comme Abraham et Mahomet. Le bahaïsme dernière religion révélé après l'islam avec comme prophète Bahá’u’lláh reconnu comme le mahdi ou messie. Le sikhisme est à la limite des religions abrahamiques au sens où il est à la rencontre de l'islam et l'hindouisme. Judaïsme, christianisme, islam et bahaïsme en particulier sont basés sur les mêmes croyances, héritées et modifiées d'une religion à la suivante, traduites dans des langues différentes, hébreu, araméen, grec, latin, arabe et persan, lors de l'arrivée de messies et prophètes qui seraient choisis par Dieu pour transmettre aux hommes ses lois ou ses messages. Abraham y est « le père de tous les croyants » : c'est à la fois le père de :
Le christianisme est pour les chrétiens la conclusion du judaïsme car ils reconnaissent le messie dans la personne de Jésus de Nazareth. Néanmoins, ils se détachent du judaïsme originel en considérant ce messie comme l'incarnation de Dieu. Ils concilient cette interprétation avec l'exigence de monothéisme mentionnée parmi les dix commandements grâce à la doctrine de la Trinité, selon laquelle il y a un Dieu unique en trois personnes. Les musulmans et les juifs voient dans ce concept une entorse au monothéisme. Le bahaïsme est pour les bahá'ís la forme historique de la "religion éternelle" adaptée à notre époque1, ni l'unique ni l'ultime, mais celle inaugurant un nouveau cycle de l'humanité au cours duquel se manifesteront dans le futur d'autres "Messagers de Dieu"2. Les quatre monothéismes s'appuient sur deux livres saints : la Bible et le Coran. Le Tanakh est reconnu par les quatre monothéismes, la bible chrétienne par le christianisme, l'islam et le bahaïsme, le Coran par l'islam et le bahaïsme, le Kitáb-i-Aqdas par le bahaïsme seul. Les musulmans soutiennent qu'il a existé une Torah et un Evangile originels enseignant l'unicité absolue de Dieu (tawhid) dans les termes du Coran, c'est-à-dire que Dieu (Allah) est Unique, que nul ne Lui est égal ; les croyants n'y sont pas les enfants de Dieu mais les serviteurs de Dieu3. Les baha'is pensent quant à eux que cette "falsification" de la Bible ne porte pas sur le texte lui-même, mais sur l'interprétation qu'en ont fait les différents courants religieux, et que l'un des rôles majeurs des "Messagers de Dieu" est d'expliquer les textes antérieurs et de corriger les idées erronées, comme l'explique Bahá'u'lláh dans son Kitáb-i-Íqán. Cette reconnaissance des mêmes textes fondateurs permet de comprendre la grande ressemblance des cultes et des doctrines des quatre principaux monothéismes :
modifier Judaïsmemodifier Vue traditionnelleD'après la tradition juive, le monothéisme fut la première croyance humaine, Adam sachant qu'il n'y avait qu'un Dieu. Plus tard, Dieu envoie Moïse annoncer au peuple qu'il va le sortir d'Égypte, conformément à l'Alliance. Il se présente au peuple comme celui qui advient (Ehye asher Ehye, "Je Serai qui Je Serai"), c'est-à-dire au sens littéral Celui qui Est près de Son peuple lorsqu'Il le fera sortir d'Égypte. Le monothéisme est aussi l'un des dix commandements que Dieu instruit à Moïse de prescrire au peuple:
modifier Vues critiquesLes tenants de la critique biblique voient au contraire dans ces affirmations la démonstration de la nature hénothéiste du judaïsme, ou plutôt du yahwisme originel. Une tablette araméenne dit avoir son dieu, "comme Israël a YHWH". [réf. nécessaire] Le monothéisme se serait développé en réaction aux Grecs. [réf. nécessaire] Si tel est le cas, cependant, on peut opposer qu'il est étonnant que des communautés apparentées au judaïsme mais distinctes, comme les Samaritains, aient formulé les mêmes croyances, bien qu'ils aient selon les Prophètes et les Autres Écrits, connu une phase de syncrétisme, voire de polythéisme. modifier Importance du monothéismeLe judaïsme exige de ses membres une adhérence infaillible à ces préceptes, l'inverse revenant à en dénier l'essence. L'interdiction d'autres cultes s'étend à la possession d'objets devant lesquels on pourrait se prosterner, comme les statues, les portraits, ou toute représentation artistique de Dieu. modifier Christianismemodifier Catholicisme, orthodoxie et protestantismeLes chrétiens croient en un seul Dieu, ils maintiennent en grande majorité la profession de foi selon laquelle ce Dieu se manifeste en trois Personnes, ou plus justement trois Hypostases : Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit (communément appelé la Trinité). La plupart des chrétiens d'aujourd'hui considèrent ces Personnes comme étant différents « aspects » de la déité unique, mais certaines théologies chrétiennes plus anciennes prennent le concept plus à la lettre. Généralement, l'orthodoxie chrétienne soutient que ces trois personnes ne sont pas indépendantes mais homoousios (une translittération hellénistique), signifiant « consubstantiel », c’est-à-dire qu'elles partagent la même essence divine. La vénération des saints par certains chrétiens, d'un certain point de vue, soulève des interrogations sur la nature monothéiste du catholicisme [réf. nécessaire], de l'orthodoxie chrétienne. Plus particulièrement parce qu'il existe des églises dédiées à chacun des saints. Les catholiques romains croient qu'il faut prier les saints comme une manière indirecte d'atteindre Dieu. Une pratique similaire dans l'islam serait considéré comme chirk (péché de polythéisme). modifier Minorité non-trinitairePourtant, des critiques ont suggéré que le christianisme est une forme de trithéisme. Les chrétiens réfuteront souvent cette affirmation en rétorquant qu'à partir du moment où ils croient seulement en une éternité, et que Dieu est éternité, il ne peut y avoir qu'un seul Dieu qui subsiste en trois personnes. De plus, certains mouvements sectaires issus de la chrétienté, comme les témoins de Jéhovah, les mormons ou la Science chrétienne refusent l'idée traditionnelle de la Trinité. modifier IslamL'islam est une religion strictement monothéiste : Dieu est adoré sans être associé à quoi ou qui que ce soit. Aucune forme d'adoration n'est vouée aux prophètes, aux anges, aux pieux ou autres. Ce monothéisme n'est ni relatif ou pluraliste mais il est absolu dans tout sens du terme. Le mot arabe pour monothéisme est tawhîd ce qui signifie 'unicité'. La Chahada الشهادة, ou le credo islamique, est la déclaration de foi en l'unité d'Allah et en la croyance de la nature prophétique de Mahomet. Sa récitation est considéré comme un des cinq piliers de l’islam par les musulmans sunnites. Lorsqu'elle est énoncée clairement à haute voix et que ses conditions sont respectées, celui ou celle qui la prononce est considéré(e) comme s'être officiellement déclaré converti(e) à l'islam. La prière islamique (salat) dans l'islam, par exemple, implique un témoignage explicite du monothéisme. L'islam déclare l'« unité de Dieu » en tant qu'enseignement élémentaire. En outre, l'islam considère la trinité du christianisme comme une déformation de l'enseignement originel de Jésus. modifier BahaïsmePour les baha'is, il en va de la "vérité" religieuse comme de la connaissance scientifique : elle apparaît par étapes et ce qui est considéré comme certain à une époque peut être remis en cause à une autre par une nouvelle découverte ou par une meilleure compréhension. Selon Bahá'u'lláh, il existe un plan divin pour le développement du l'humanité, qui est révélé d'âges en âges par Dieu au travers de "grands éducateurs". Pour désigner ces personnages, les écrits baha'is utilisent le terme de "Manifestation de Dieu" (ẓuhúr'u'lláh pour la forme active : "manifestation de Dieu" ou maẓhar-i-ilahí pour la forme passive : "lieu de la manifestation du divin"). Cette notion de "manifestation" se retrouve dans les écrits du Báb, ainsi que dans ceux des mystiques persans comme Sohrawardi et Mullá Ṣadrá Shírází, ou encore dans l'école du Shaykhisme. Il s'agit d'une "épiphanie" (du grec épiphanéia : "apparition, manifestation", venant de épiphainéin : "paraître ou briller sur") et non d'une "incarnation" de Dieu, que l'on peut essayer de comprendre par la métaphore du reflet solaire dans un miroir : le soleil (Dieu) ne quitte pas le ciel pour descendre dans le miroir (l'homme), mais ses qualités s'y reflètent par l'intermédiaire de ses rayons (l'esprit saint). Les "grands éducateurs" de l'humanité sont considérés comme des hommes "parfaits" (al-Insán al-Kámil الإنسان الكامل), des "miroirs" parfaitement purs et polis dans lesquels le "soleil divin" peut manifester ses qualités dans toute sa splendeur. Si l'on considère les "miroirs", ils sont tous différents, mais si l'on considère le reflet du soleil, ils ne sont qu'Un5. Selon Bahá'u'lláh, la religion est composée de deux parties : une partie concerne les lois spirituelles permettant à l'homme de découvrir sa vraie nature, alors que l'autre concerne les lois sociales chargées d'assurer la paix et le développement de la société6. Il considère que puisque la nature humaine reste la même, ces lois spirituelles demeurent immuables d'âges en âges, mais que l'humanité étant en perpétuelle évolution, ces lois sociales doivent être modifiées selon le temps et le lieu. Bahá'u'lláh compare ces dernières à des vêtements que l'Homme doit changer à chaque stade de son développement pour être toujours habillé de la manière la plus convenable et la plus parfaite7. Bahá'u'lláh prétend être l'une de ces "Manifestations de Dieu", qui se succèdent indéfiniment depuis l'aube des temps pour éduquer l'humanité, et affirme l'unicité transcendante de Dieu, ainsi que l'unité des prophètes reflétant la même lumière divine8 et des religions exprimant la même volonté divine9. Il réaffirme l'unité biologique et spirituelle de l'humanité et exhorte tous les hommes à se considérer comme des frères, comme "les fruits d'un même arbre et les feuilles d'une même branche"10, en se concentrant sur ce qui les unit et non pas sur ce qui les divise, de façon à unir l'humanité pour établir le "Royaume de Dieu" sur terre. Tout en confirmant les messagers et les écrits saints du passé, il reprend les bases spirituelles et cultuelles des religions monothéistes (profession de foi, prière, jeûne, pélerinage, redistribution des richesses) mais en adapte la forme aux nécessités de notre époque et donne un nouveau corpus de lois et de directives, que les baha'is considèrent comme le plan d'un nouvel ordre mondial. modifier Source des religions abrahamiquesBien que la source majeure à la fois du christianisme comme du judaïsme soit la Bible hébraïque, le judaïsme et la chrétienté comme toute culture ont reçu des influences de multiples religions non-bibliques présentes en Égypte et en Syrie. Ceci est visible dans les références de la Torah à la culture égyptienne dans la Génèse et dans l'histoire de Moïse, aussi bien que dans l'évocation des cultures hittites et hourrites de Syrie dans l'histoire d'Abraham. Les Hébreux sont un groupe de Cananéens qui pratiquaient une religion polythéiste avant le développement du monothéisme. Il faut y rajouter l'influence des religions iraniennes en se rappelant que ce sont les souverains Achéménides de religion zoroastrienne, qui libérèrent les hébreux de leur captivité à Babylone et permirent la restauration du Second Temple de Jérusalem, dédicacé le 12 mars -515. Dans la pensée traditionnelle islamique, juive, chrétienne et bahá'íe, le monothéisme est regardé comme leur croyance la plus fondamentale. Ils interprètent de manière traditionnelle les écrits conduisant à un monothéisme absolu. modifier Aspects psychanalytiquesmodifier Chez FreudSelon Sigmund Freud, le monothéisme est une religion du Surmoi, par opposition aux polythéismes qui seraient des religions dont les différents cultes partiels seraient chacun basés sur une impulsion instinctive née dans le ça. En effet, le monothéisme impose à l'individu une notion universelle de bien et de mal et pose donc un grand nombre d'interdits se traduisant par des renoncements aux pulsions que les polythéismes sacralisaient. modifier Chez JungCarl Gustav Jung, dans son ouvrage Psychologie et religion, s'intéresse au monothéisme chrétien et à ses symboles. Il les explique au regard de la psychologie analytique qui l'a rendu célèbre, en tentant d'éclairer les rites et dogmes d'une nouvelle interprétation ouverte à une redéfinition de la foi. modifier Voir aussi
modifier Lien externemodifier Notes
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