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L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie12. Elle est généralement évaluée au moyen de l’Indice des prix à la consommation (IPC). En général, on parle de l'inflation des prix à la consommation des biens et services, mesurée à qualité égale. L'inflation est un phénomène persistant, autoentretenu, qui touche l'ensemble des prix (avec une amplitude variable)2.
Estimation des taux d'inflation dans le monde, pour l'année 2005
modifier DéfinitionsL'inflation est la « hausse généralisée et durable du niveau général des prix »2. Elle se traduit par une baisse du pouvoir d'achat de la monnaie, et à un taux de croissance différent entre valeur nominale et valeur réelle. Employé seul, le terme d'inflation fait référence à la seule hausse de prix des biens de consommation, à l'exclusion de la hausse des prix des actifs (financiers, immobilier,…). Lorsqu'on parle de l'augmentation des prix de l'immobilier, des actions, des fonds de commerce ou autres actifs, on doit alors préciser que l'inflation se rapporte au niveau des prix de ces actifs. La stabilité des prix décrit la situation où la hausse des prix est durablement très faible ou nulle, maintenant ainsi l'incertitude des agents économiques à un niveau faible. La déflation est une baisse des prix, donc le contraire de l'inflation. C'est un phénomène qui peut être généralisé à l'économie ou particulier à un secteur économique volatil (p. ex. déflation du marché immobilier), durable (parfois sur une décennie), autoentretenu, parce qu'il modifie les anticipations des agents économiques. Comme le phénomène historiquement le plus fréquent (du moins dans la période contemporaine) est bien l'inflation, on parle parfois aussi d'une inflation négative. La désinflation, quant à elle, est une baisse du taux d'inflation, qui reste positif. Par exemple, si pendant des années l'inflation s'est située à 10 % en moyenne et que l'inflation des années suivantes baisse à 7%, puis 5%, puis 2%, on parlera de phénomène désinflatoire. Lorsque l'inflation approche de zéro, on risque un passage en déflation. La stagflation consiste en la concommittance d'une croissance faible voire négative, avec un niveau élevé d'inflation. La définition de l'inflation comme la hausse des prix est relativement récente en langue française. Jusque dans les années 60 ce terme désignait un excès de moyens monétaires par rapport à l'offre. Ainsi Gaël FAIN définit dans "Le Dictionaire des Sciences Economiques" PUF 1956 l'inflation comme "un excès de la demande solvable sur l'offre la hausse des prix en étant la conséquence". modifier Augmentation durable de l'inflationL’inflation dépend en grande partie du comportement des agents économiques ; si les agents anticipent que les prix vont augmenter, alors les prix risquent effectivement d'augmenter. Les entreprises qui pensent que les coûts de production, dans lesquels rentrent les prix de l'économie en général, vont augmenter, peuvent augmenter le prix de leurs produits pour se mettre à l'abri de pertes éventuelles. Comme le coût de changement des prix de vente (le « coût d'étiquette ») est assez élevé, les entreprises ne peuvent pas modifier fréquemment leurs prix et sont obligées de se baser sur leurs anticipations d'inflation qui sont incertaines. Une hausse des prix importante mais de faible durée ne provoquera pas d'augmentation durable de l'inflation car elle ne modifiera pas les anticipations des agents. modifier ConséquencesEn général, le salaire moyen augmente aussi vite, voire plus vite, que l'inflation[réf. nécessaire] ; les salariés ne perdent donc pas en pouvoir d'achat. De même, les minima sociaux et les pensions de retraite sont indexés sur l'inflation, et leurs pouvoirs d'achat ne diminuent pas. Une inflation élevée est néfaste pour l'économie : elle induit des « coûts d'étiquette », mais surtout modifie le comportement des agents économiques, pouvant entraîner une perte de confiance dans la monnaie. Une inflation élevée se répercute généralement sur les prix à la production de l'économie, et donc, à taux de change constant, entraîne une baisse de la compétitivité-prix. modifier Théorie économique générale, inflation et monnaieLe développement suivant fait appel à l'équation d'Irving Fisher (avec M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau des prix et T le nombre de transactions pendant une période donnée).
La fonction principale de la monnaie est de permettre des transactions monétaires (par opposition au troc). Trois paramètres fixent la quantité de monnaie nécessaire :
- Si la population échange deux fois plus de biens de consommation, par rapport à une situation de référence, elle a besoin de deux fois plus de monnaie (à vitesse de circulation de la monnaie constante) pour ce type de transaction. Compte tenu de la faiblesse du marché d'occasion des biens de consommation, on peut approximer la mesure des échanges à la mesure de la production et donc à la croissance économique. - Si la population échange deux fois plus d'actifs, soit qu'elle en produise plus (investissement dans des outils de production), soit qu'elle échange plus souvent le stock d'actifs existant (le stock de maisons, d'actions, d'œuvres d'art circule de façon plus rapide), elle a besoin de deux fois plus de monnaie (à vitesse de circulation de la monnaie constante) pour ce type de transaction.
Comme la monnaie est l'étalon universel de valeur, sa valeur relative est fixe et toujours égale à un, ce qui n'apporte aucune information sur la valeur « absolue » de la monnaie. Pour contourner la difficulté et estimer la valeur de la monnaie, on utilise comme référence la valeur d’échange en biens de consommation associée à cette même monnaie mais à une époque antérieure, et on s'intéresse à sa variation relative (un pourcentage, positif lorsque l'ancienne monnaie avait une valeur inférieure) : c'est l'inflation. Par extension, on peut mesurer les variations de la valeur d'échange de la monnaie en actifs et mesurer une inflation des prix des actifs. On peut aussi utiliser comme référence un bien supposé stable (c’est-à-dire un bien dont le besoin, ou la demande globale reste constant), comme l'or ou une devise étrangère réputée. L’essentiel étant de pouvoir mesurer « ce que l’on peut obtenir avec telle quantité de monnaie ». L'inflation est donc un indicateur important pour l'économie, relié directement
L'inflation et le risque d'inflation sont deux éléments qui entrent pleinement en compte dans les décisions des consommateurs, des dirigeants d'entreprise et des gouvernements : la possibilité de l'inflation représente un risque pour les agents économiques (ou une opportunité pour les agents endettés, dont la valeur de la dette diminue). modifier Calcul de l'inflationPour mesurer l'inflation, on observe un « panier » pondéré de biens, représentatifs de l'ensemble des biens consommés. Ces biens sont répartis parmi les différents secteurs d'activité de l'économie. Les pondérations de ce panier de bien sont définies par la consommation des différents biens (de consommation) par les agents. On construit ainsi un indice des prix à la consommation qui permet d'apprécier la variation du coût de la vie pour les consommateurs, et donc la valeur de la monnaie dans ses aspects les plus concrets pour les citoyens. On appelle taux d'inflation la variation en pourcentage de cet indice sur une période donnée : si le prix moyen du « panier » est passé de 100 à 102, l'inflation est de (102-100)/100 = 2/100 = 2%. On peut distinguer deux notions concernant le niveau de consommation d’un ménage :
Le niveau de vie représente le point de vue d’un ménage (revenu global) tandis que le pouvoir d’achat le point de vue d’un seul revenu. La distinction peut sembler toutefois très formelle, et l’on utilise couramment le terme de pouvoir d’achat pour recouvrir les deux (le pouvoir d’achat d’un ménage dépendant alors de deux facteurs, son revenu et l’indice des prix à la consommation). Par extension, si les prix des actifs (actions, immobilier) baissent, le pouvoir d'investissement des ménages et des entreprises augmente (on suppose ici un revenu stable). modifier Inflation et quantité de monnaieSi la quantité de monnaies en circulation reste fixe, l'inflation moyenne n'est nulle que si la quantité de biens disponibles et le nombre d'échanges réalisés ne varient pas. Historiquement, l'inflation et la déflation ont plus fréquemment été déterminées par les variations de la quantité de monnaie que par l'abondance des marchandises (la théorie néoclassique montre que les prix servent de variable d'ajustement aux déséquilibres entre l'offre et la demande de biens). Théoriquement, l'inflation peut donc être la conséquence logique des deux cas suivants :
A contrario, pour que l'économie connaisse une désinflation (baisse relative de l'inflation) ou a fortiori une déflation, deux facteurs principaux entrent en compte :
Le gouvernement ou la banque centrale peuvent adopter une politique monétaire restrictive : destruction de titres fiduciaires ou hausse des taux d'intérêts ou de réescompte des crédits bancaires accordés par la banque centrale (la quantité d'argent créée par le crédit est alors réduite). Les banques privées peuvent réaliser soudain qu'elles ont collectivement trop prêté, par suite d'une concurrence excessive. Elles réduisent alors simultanément leur offre de crédit, plusieurs agents économiques font faillite, des banques à leur tour font faillite, il en résulte une réduction de la masse monétaire.
En pratique, l'État et la banque centrale ont une certaine capacité à stabiliser la valeur de la monnaie, ou à l'adapter aux nécessités économiques (favoriser les exportations, limiter les importations, augmenter le pouvoir d'achat, mercantilisme, etc.). Les banques et le marché financier sont par ailleurs soumises à des évolutions endogènes, passant par des booms de crédit (favorable à l'inflation) suivis de krachs (favorables à la déflation). Les pouvoirs publics ont une préférence pour l'inflation. En effet la déflation conduit et passe souvent par des faillites en série. La déflation correspond souvent à une phase de récession de l'économie (phase B du cycle de Kondratiev) caractérisée par une inadéquation de la production par rapport aux besoins réels et un défaut d'investissement, ce qui induit logiquement une baisse de la production et des salaires. La déflation est donc souvent associée à une baisse du pouvoir d'achat et à l'augmentation du chômage keynésien (demande insuffisante sur le marché de l'emploi). Les possibilités de relance proposées par Keynes s'appuient sur la stimulation de la demande (en vue d'effets d'entraînements notoires sur l'ensemble de l'économie) financée par l'État, qui peut provisoirement s'endetter et admettre un déficit budgétaire dont la résorption future est anticipée. Voir keynésianisme. modifier HyperinflationL'hyperinflation est une inflation extrêmement élevée échappant à tout contrôle. Elle entraîne en général une forte récession économique. Phillip Cagan la définit en 1956 comme une période durant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus de 50% par mois. modifier Inflation et choix économiquesL'inflation agit directement sur la qualité des investissements. Un exemple permet de saisir le problème. Alain, Bertrand et Claude investissent à l'année n 100 000 (peu importe l'unité) dans un bien (par exemple une maison), dont ils se servent pendant un an, puis revendent (à l'année n+1). Supposons que les conditions économiques soient différentes pour les trois individus (zone monétaire, époque), le taux d'inflation est donc différent.
Le calcul naïf compare les valeurs en monnaie courante, sans tenir compte de l'inflation. Il semble alors que Claude a fait la meilleure affaire. Mais cela ne tient pas compte du fait que, à cause de l'inflation (ou, dans le cas d'Alain, de la déflation), ces trois personnes ne pourront pas acheter les mêmes biens de consommation avec la même quantité de monnaie : Alain pourra acheter plus, Bertrand et Claude moins. Pour gommer cet effet, il faut raisonner en monnaie constante, en déduisant l'inflation, et il apparaît alors que la meilleure affaire a été faite par Alain. D'un autre coté, il faut bien voir que l'inflation ne dit rien de l'évolution des prix de l'immobilier ou des actions. Si les trois personnes veulent consommer leur argent, alors Alain a fait la meilleure affaire. Par contre si ces trois personnes veulent l'investir, alors il faudrait regarder l'évolution de l'inflation des prix des biens de capital et notamment de l'immobilier. Si par exemple durant la même période le prix d'un fonds de commerce a augmenté de 30% dans les trois pays et que les trois personnes veulent acheter un fond de commerce, alors les trois ont perdu de l'argent durant cette période. C'est précisément pour cela qu'il ne faut pas penser que l'inflation du prix des biens de consommation suffit à donner une évaluation de la valeur de la monnaie. L'indice général des prix des biens de consommation ne fait que donner la valeur de la monnaie en équivalents biens de consommation, il ne dit rien de l'équivalent en biens de capital. Or le plus souvent le prix des biens de consommation n'évolue pas à la même vitesse que le prix des biens de capital. modifier Distorsions économiquesJusqu'au début du XXe siècle, l'inflation est restée inconnue (non pas qu'elle n'existait pas, mais elle n'était pas mesurée ni prise en compte) et la coutume était de fixer les loyers en monnaie fixe et pour longtemps (parfois même à perpétuité). Lorsque la valeur de la monnaie chutait, des montants de loyers (par exemple « 1 sou ») ne représentaient plus qu'un montant ridicule, pour le plus grand bénéfice des tenanciers et la ruine des possédants (généralement les nobles), avec toutes les conséquences sociales. À d'autres périodes plus rares et plus courtes, les gouvernements, en restaurant la valeur de la monnaie, ont au contraire suscité des émeutes et même des révoltes, un loyer raisonnable se transformant en charge ruineuse. Les évolutions de l'inflation peuvent ainsi créer des distorsions économiques
Enfin, les humains raisonnent et tiennent compte de tout cela, en sorte qu'ils finissent par donner une importance considérable aux anticipations (ce qu'ils croient, voire ce qu'ils pensent que les autres croient) de l'inflation future. C'est tout particulièrement le cas dans les périodes d'hyper-inflation, lorsque la méfiance s'installe et se développe, de sorte que les acteurs, anticipant une dévaluation accélérée, exigent des augmentations de revenus qui nourrissent l'hyper-inflation et valident les anticipations les plus pessimistes. modifier Causes économiques de l'inflationL'inflation est un phénomène sensible dans tous les sens du terme. En effet, chacun d'entre nous se rend compte que les prix ont une tendance naturelle à augmenter (pensez au prix de la baguette ou du ticket de métro). Mais c'est un phénomène sensible pour les politiques puisque l'inflation est un signe de bon ou mauvais fonctionnement économique, avec toutes les conséquences électorales. Et pourtant, malgré son importance, les causes de l'inflation sont encore le sujet de nombreuses controverses. En effet, la même conséquence peut résulter de fonctionnements économiques radicalement opposés. Ainsi :
De sorte que même s'il y a accord théorique sur le fait que telle situation économique engendre telle évolution de l'inflation, il y a toujours plusieurs interprétations possibles à l'inflation mesurée, conduisant à des mesures radicalement opposées. Voici les causes les plus souvent admises :
Voici une autre cause admise par un petit nombres d'économistes et le Club de Rome :
modifier Conséquences de l'inflationIl y a deux types de conséquences :
modifier Émetteurs et détenteurs de monnaieL'inflation pouvant être vue comme une perte de valeur de la monnaie, elle a des conséquences négatives pour les agents détenant de la monnaie. Inversement, si elle provient d'une création ex nihilo de monnaie, l'inflation est la conséquence d'une augmentation de la richesse de l'émetteur de monnaie, État, banque, acteur sur le marché financier ou faux-monnayeur. L'inflation peut alors être considérée comme un impôt frappant la détention d'encaisses réelles. En réaction à ce transfert, très utilisé dans les années 1970, la plupart des États ont abandonné la possibilité d'émettre directement de la monnaie au profit d'une banque centrale indépendante. L'État ne bénéficie alors de l'inflation qu'en tant que débiteur. modifier Débiteurs et créditeursLorsqu'un créditeur (par exemple une banque) et un débiteur (par exemple un ménage) sont liés par un taux d'intérêt fixe, l'inflation favorise le débiteur au détriment du créditeur. Considérons un ménage qui emprunte à sa banque une somme S au taux d'intérêt de 8%, remboursable l'année suivante. Si l'inflation est nulle la banque touche l'année suivante S(1 + 0,08), directement comparable à la somme S prêtée. Avec une inflation de 3%, la banque touche toujours S(1 + 0,08), mais cette somme achète l'année du remboursement moins que ce qu'elle aurait acheté l'année du prêt. Plus précisément, elle correspond à On rencontre ainsi des situations où l'inflation est supérieure au taux d'intérêt nominal. Dans ce cas, le taux d'intérêt réel est négatif, c'est-à-dire qu'on gagne de l'argent à emprunter, ce qui alimente encore l'inflation. Face à une menace d'inflation, le créditeur ne peut qu'imparfaitement se couvrir, l'inflation étant un phénomène aléatoire. Il peut alors soit avoir recours aux systèmes de couverture financière, notamment les swaps de taux d'intérêt pour les relations déjà établies, et demander dans les nouvelles relations des garanties, par exemple des contreparties du prêt peu sensibles à l'inflation (hypothèque sur un bien, valeur indexée sur l'inflation) ou un taux de remboursement indexé sur l'inflation. En termes de finances publiques, l'inflation diminue de la même manière le poids de la dette pour les États, et a parfois été délibérément utilisée à cette fin. Afin de se couvrir, les investisseurs en dette publique demandent souvent une prime de risques lorsque l'État débiteur est suspecté de vouloir recourir à cette méthode, ou le remboursement dans une monnaie ou un panier de monnaie non contrôlable par l'État débiteur. Un cas particulier de créditeur perdant à l'inflation est celui du titulaire d'une rente fixe. Pour cet agent, la valeur de sa rente diminue proportionnellement à l'inflation sans possibilité de couverture. Les périodes de haute inflation du XXe siècle en France (années 1920, années 1960) ont conduit à la quasi-disparition des rentiers, qui ont vu leur revenus réels laminés par les taux d'inflation. modifier Revenus du travailLorsqu'elle n'est pas anticipée (en absence d'indexation ou de renégociations salariales), l'inflation diminue les revenus réels du travail, et par conséquent le coût réel de la main-d'œuvre. C'est une des raisons expliquant l'existence d'une relation négative entre inflation et chômage, mise en évidence par la courbe de Phillips : la baisse du coût réel de la main-d'œuvre entraîne une baisse du chômage. L'inflation est aussi en lien avec l'expansion de la masse monétaire, généralement due à l'accroissement des crédits accordés par les établissements financiers (ce phénomène intervient habituellement en période de demande soutenue). modifier Inflation et allocation des ressourcesIndépendamment des effets ci-dessus, essentiellement redistributifs, l'inflation a des coûts pour l'ensemble de l'économie, liés à des difficultés d'allocation efficace des ressources et aussi des gains, liés à l'irrationalité sur les marchés financiers. modifier Inflation et incertitudeDans un premier temps, le niveau de l'inflation ou sa progression n'ont pas de conséquences directes sur l'économie. Si les agents savent que l'inflation sera de 3% pour les années à venir, ils intégreront cette évolution dans leurs contrats, conduisant à une allocation des ressources identique à une situation sans inflation. Cependant, l'inflation dépend souvent de décisions discrétionnaires, que les agents peuvent difficilement anticiper correctement. De ce fait, l'inflation fait peser un risque sur toute décision d'investissement ou de prêt, réduisant les incitations à des investissements productifs. Cet aspect doit toutefois être mis en balance avec l'effet négatif de l'inflation sur les investissements à revenus fixes, comme les rentes ou les emprunts d'État. En limitant la rentabilité de ces titres, un taux élevé d'inflation encourage la substitution vers les investissements à rendements liés à l'activité économique, généralement plus productifs en termes d'emploi et de création de richesses. modifier Inflation et detteLes banques centrales ont généralement pour objectif de lutter contre l'inflation. L'un des instruments préférés des banques centrales est la fixation d'un taux d'intérêt de base, appelé taux directeur. Les variations du taux directeur sont répercutées par les institutions financières sur leurs taux d'intérêt commerciaux (proposés aux entreprises, aux ménages, etc.) Schématiquement, lorsque la banque centrale augmente le taux directeur, cela renchérit le coût des emprunts pour les entreprises, ménages etc. Lorsque cela coûte plus cher de s'endetter, les agents économiques (entreprises, ménages, etc.) ont tendance à freiner ou à différer leurs achats (qu'il s'agisse de biens d'investissement ou de biens de consommation durable), d'où un ralentissement de la progression de la demande globale. Le ralentissement de la demande a généralement pour effet un ralentissement de la hausse des prix (c'est-à-dire une baisse de l'inflation). Inversement, la baisse du taux directeur favorise l'endettement, stimule la demande et peut conduire à la hausse de l'inflation. (Cependant, la baisse du taux directeur est généralement pratiquée en période de ralentissement économique pour relancer l'investissement et soutenir la consommation de biens durables, afin d'éviter une récession.) modifier Inflation et frictionDans un article de 19853, l'économiste Gregory Mankiw montre que les agents peuvent hésiter à ajuster systématiquement leurs prix face à l'inflation lorsque cela a un coût, même très faible, pour eux (l'auteur prend l'exemple du coût de changer les prix sur les menus des restaurants, qu'il faut faire réimprimer). Les agents n'ajustent alors l'allocation de leurs ressources qu'avec un retard. L'auteur montre que ces retards ont des conséquences importantes sur l'allocation d'ensemble des facteurs, conduisant à d'importantes inefficacités. modifier Le point de vue macro-économique : inflation et mesure du PIBLa richesse créée au cours d'une année dans un pays donné est mesurée par le PIB. Lorsque le PIB est calculé avec les prix valables au cours de l'année considérée ("à prix courants" ou "en valeur"), on parle de PIB nominal. Si le PIB est exprimé avec les prix d'une année passée prise comme référence (par exemple, les prix de l'année 2000), on dit alors "PIB à prix constants, base 2000" (on dit aussi "PIB en volume"). Par définition, on a la relation suivante :
le taux de croissance des prix étant synonyme de l'inflation. En pratique, on utilise souvent la formule simplifiée :
En 2000, pour couvrir les besoins d'une famille "moyenne", il faut dépenser 20000 euros. L'année suivante, pour couvrir les besoins de la même famille "moyenne" avec les mêmes produits et services (on les appellera "le panier de la ménagère"), il faut dépenser 21000 euros. On a donc un taux d'inflation (ou taux de croissance des prix, ce qui revient au même) de 21000 / 20000 - 1 = 5%. Supposons qu'il n'y ait pas d'importations et que toute la production des entreprises soit consommée par les ménages ou exportée dans d'autres pays (on suppose qu'il n'y a pas d'investissement, de variation de stocks ni de dépenses des administrations publiques). En 2000, les entreprises ont produit 80 millions de "paniers de la ménagère", dont une partie ont été consommés dans le pays et l'autre partie exportés et consommés à l'étranger. En 2001, 82 millions de paniers ont été produits.
Il est clair qu'une partie de la hausse du PIB nominal est due à l'augmentation de la production (croissance réelle) et que l'autre partie est due à la hausse des prix (5%, calculée plus haut). Quelle est la croissance réelle ?
On retrouve les deux relations mentionnées ci-dessus :
modifier L'inflation psychologique et l'illusion monétaireOn a tendance à se plaindre de l'inflation de certains produits et services non industriels (plombier, boulanger). Pourtant ces prix n'ont suivi que l'inflation, on croit que le prix du pain par exemple augmente depuis vingt ans alors qu'en fait ce sont les prix de tous les autres objets qui ont diminué, on croit donc naturellement que le prix du pain a augmenté. En effet tous les autres produits bénéficient de la hausse de la productivité (nouvelles machines) et de la baisse des prix liée, alors que le pain lui est produit toujours de la même façon, à peu de chose près. A noter par ailleurs qu'oublier de tenir compte de l'inflation, par exemple dans l'évolution des revenus, est un biais cognitif, connu de l'économie comportementale, appelé illusion monétaire (en biens de consommations). L'illusion monétaire existe aussi pour les biens de capital. Par exemple les consommateurs se considèrent plus riches lorsque le prix de leur maison augmente, parce qu'ils envisagent l'hypothèse où ils la vendraient contre des biens de consommation, sans penser qu'ils devraient alors se loger. Pour se reloger, ils devraient alors acheter une autre maison (plus chère également), ou louer (loyer plus chers). modifier Théories économiques de l'inflationmodifier MonétarismeLe courant monétariste, d'inspiration libérale, a été initié par l'économiste américain Milton Friedman, « prix Nobel » d'économie 1976. Les monétaristes voient la monnaie comme élément neutre de l'économie à long terme, cette dernière ne devant être qu'un voile dans les échanges (exogène au système). Le rôle en revanche actif qu'elle joue à court terme lui confère une tendance inflationniste : selon la formule d'Irving Fisher, la masse monétaire influe sur le niveau général des prix. Une création excessive de monnaie génère de l'inflation. modifier École autrichienneL'École autrichienne définit l'inflation d'une façon différente de la majorité des économistes. Selon elle, tout indice de prix est arbitraire. C'est pourquoi, pour elle, l'inflation est simplement une hausse de la masse monétaire supérieure à la croissance économique et la déflation une croissance monétaire inférieure à la croissance économique. Pour les autrichiens par exemple il n y a pas eu la moindre désinflation dans les années 1980. En effet la masse monétaire a continué à croître aussi vite que par le passé. Les autrichiens sont hostiles à toute création monétaire privée ou publique. Ils sont partisans d'une monnaie marchandise (par exemple l'or) et d'une lente déflation, le stock de monnaie restant constant durant la croissance économique. modifier Synthèse néo-keynésienneSelon la Synthèse néo-keynésienne, de manière approximative, la monnaie est neutre à long terme, mais pas sur le court terme[réf. nécessaire]. modifier Notes et références
modifier Voir aussi
modifier Liens externes
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