La Haute qualité environnementale ou HQE est un système de management de la qualité environnementale des opérations de construction ou de rénovation des bâtiments. Ce concept est apparu en France au début des années 1990, aujourd'hui c'est une marque déposée. L'Association HQE détient la licence de cette marque déposée. Elle a été reconnue d'utilité publique par décret le 5 janvier 20041.
La Haute qualité environnementale a d'abord été un socle théorique consensuel avant de devenir une marque déposée en France. La « Haute Qualité Environnementale » vise l'intégration dans le bâti des principes du développement durable tels que définis au Sommet de la terre en juin 1992. En France, il s'est progressivement établi, du début des années 1990 à 1997, entre divers acteurs du bâtiment, de l'environnement et des maîtres d'ouvrages (PUCA, ADEME, CSTB, la FFB, et Association HQE). C'est une démarche qualitative récente et encore perfectible (notamment en y intégrant la biodiversité), qui intègre toutes les activités liées à la conception, la construction, le fonctionnement et la déconstruction d'un bâtiment (logement, bâtiment public, tertiaire ou industriel).
La Haute Qualité Environnementale s’intéresse spécifiquement à l’environnement, mais en reconnaissant que celui-ci ne peut être durablement conservé dans une société qui va mal, aussi la démarche qualité intègre-t-elle également des aspects sociaux. Ceux-ci peuvent faire l’objet d’un travail plus large et complet par exemple au travers des agenda 21 locaux ou des PLU (Plans locaux d'urbanisme), PADD, écoquartiers, etc.
Si aujourd'hui la démarche Haute Qualité Environnementale est essentiellement appliquée à des bâtiments isolés, il est souhaitable de l'adapter à des ensembles cohérents, tels que zones d’activité, quartiers construits ou rénovés (écoquartiers, ville renouvelée sur elle-même). Des réflexions sont en cours quant à une déclinaison pour les infrastructures de transport d’énergie, de matières, d’information...
La Haute Qualité Environnementale est choisie, non pas par obligation légale, mais pour des raisons éthiques et/ou économiques, éventuellement d'image, en sachant qu’en termes de « coût global », des coûts de fonctionnement et parfois de construction seront évités, avec de nombreux bénéfices environnementaux et sociaux. Les coûts évités sont notamment : moindre pollution, moindre consommation de ressources pas ou peu renouvelables, recyclabilité accrue, souplesse de conversion à d’autres usages, coûts d’exploitation réduits, faibles impacts sanitaires (maladies, troubles divers) ou sociaux, etc. C’est aussi une réponse à une demande sociale qui évolue. Les citoyens souhaitent plus de qualité de vie, de commerce éthique et donc équitable, de soutenabilité du développement, d'éco-citoyenneté, de nouvelle gouvernance, etc.). Habiter ne devrait plus contribuer à la dégradation de l'environnement.[réf. nécessaire]
Deux principes sous-tendent l'approche HQE :
- La construction, l'entretien et l'usage de tout bâtiment induisent un impact sur l'environnement, et donc un coût global, que la HQE tentera de réduire ou compenser, au-delà de ce que demande la loi (pour au moins 7 cibles sur 14) et en visant la performance maximale (pour au moins 3 cibles dites "prioritaires"). L'économie d'un projet de construction HQE est donc appréhendée sous l'angle du coût global ; elle tient compte à la fois de l'investissement et du fonctionnement.
- Le principe des cibles : Il est lié à la démarche qualité ; la cible est atteinte si dans le domaine concerné, le niveau relatif de performance est égal à celui du meilleur projet connu au même moment. Après de longs débats, l'association HQE a admis que toutes les cibles pouvaient ne pas être traitées en visant le maximum de performance, ce qui aurait, pour des raisons de coût initial, mis la HQE hors de portée des petits budgets.
La démarche peut et doit être adaptée à chaque projet – dès la conception, en étudiant si possible soigneusement le choix du lieu. Il est nécessaire de travailler avec un écologue et pourquoi pas avec un sociopsychologue - car la HQE s’intéresse aux besoins et fonctions du Vivant, s’appuie sur la biodiversité, et doit intégrer les atouts et contraintes liés au contexte (dont le contexte humain, social..) ; autant d’éléments qui varient toujours selon le lieu, l’époque et les caractéristiques du projet.
Certains effets de seuils et d'échelle sont plus facilement atteints à l'échelle de quartiers qui peuvent être urbanisés en suivant ces principes, avec des modalités variant selon l'échelle d'action considérée (voir la notion d'écoquartier, écovillage, on évoque aussi une écoville en Chine...).
En France, la démarche HQE a donné naissance à une marque déposée par l’Association HQE. 3 organismes contribuent à en structurer la démarche et à en faire la promotion :
Ces organismes ont mis en place un système de certification visant à la délivrance du certificat du droit d'usage de la marque "NF Bâtiments Tertiaires - Démarche HQE". Cette certification s’appuie sur un référentiel technique en 2 volets :
- le SMO (Système de Management de l’Opération)
- la QEB (Qualité Environnementale du Bâtiment)
La demande de compétence augmente rapidement[réf. nécessaire], et devrait en France être dopée par les engagements pris à la suite du Grenelle de l'Environnement.
- Des modules de formation commencent à être proposés, en formation initiale et/ou continue par des écoles d'Architecture, par l'Académie du Développement Durable et Humain ou encore par l'Internationale des Techniques Avancées.
- L'Ademe a mis en place (3 sessions en 2006) une formation "Sensibilisation à la démarche HQE, qualité environnementale du cadre de vie bâti".
- L'Internationale des Techniques Avancées Europe, propose plusieurs sessions "HQE", "Développement durable" et "Qualité environnementale" en urbanisme, architecture, construction et BE en plusieurs modules et spécialités dispensées par les experts métiers européens et français ; elles sont dispensées à Paris, Lille, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg (Europe et Environnement) dans le cadre de la formation professionnelle, sessions pour ARCHITECTES, Bureaux d'Etudes, et autres acteurs BTP.
- Une formation est en préparation avec la CAPEB pour les artisans.
- Il existe une Charte des formations continues à la démarche HQE®
- Des cours de HQE sont donnés dans plusieurs formations d'ingénieurs (Mastère spécialisé énergies renouvelables de l'ENSAM, Master professionnel de Construction et d'Aménagement Durable (CAD) de l'IAUL de l'USTL...)
- Formations développement durable et Haute Qualité Environnementale Ponts Formation Édition, formation continue de l'ENPC
- Formation2 "Développement durable et qualité environnementale en aménagement du territoire, urbanisme, architecture et construction" en Alsace, Lorraine (classe 4), Champagne-Ardenne (IFRB), Franche-Comté (AJENA), Rhônes-Alpes (Europe et Environnement et l'Ordre des Architectes)
Initiée par l'association Europe et Environnement en Alsace, c'est une formation continue multi-acteurs de 19 jours, visant les acteurs de l'aménagement et de la construction, agréée par la Direction de l'architecture et du patrimoine, certifiante et encourageant le développement d'un réseau d'acteurs compétents dans le domaine de la construction de Qualité Environnementale.
- Le CSTB propose dans son catalogue de formation 2008 16 stages différents, dont 6 sont nouveaux.
modifier Quelques exemples
Parmi environ 600 exemples recensés en France :
modifier Bilan d'étape pour la région Nord Pas-de-Calais (en 2005)
Dans cette région pionnière, où l'approche HQE a été développée en 1993, environ 150 réalisations ont été faites en 10 ans, en région Nord/Pas-de-Calais, essentiellement en milieu urbain et périurbain : logements sociaux, établissements scolaires, équipements publics, bureaux…
- - On constate des économies d’énergie et d’eau de 20 à 30 % et une réduction de 50 % des émissions polluantes.
- - Le coût supplémentaire initial de 0 à 15 % est rapidement remboursé par les économies de fonctionnement. On peut maintenant envisager des maisons à énergie positive (produisant plus d'énergie qu'elles n'en consomment).
- - Une sensation de confort et de bien-être est largement exprimée par les usagers.
- - De nombreux projets ont traité une ou plusieurs cibles de manière prioritaire, en fonction du contexte.
- - La demande augmente de la part des commanditaires, nécessitant des dispositifs de formation des artisans (en cours).
- - Un projet de quartier HQE à Lille.
- - Des outils d'accompagnement ont été créés avec le Conseil Régional, l'ADEME, la DIREN, les CAUE, l'école d'architecture et de paysage de Villeneuve d'Ascq, dont un Atlas régional des paysages, le premier à intégrer un volet écologie du paysage, un atlas éolien régional, des aides à l'installation de panneaux solaires, un prêt (Isolto) pour encourager l'isolation des toitures, des aides à l'établissement d'un profil environnemental local destinés à aider les territoires à identifier et maîtriser leurs ressources naturelles pas, peu, difficilement ou coûteusement renouvelables, de manière à en tenir compte dans leurs projets d'aménagement, une Mission Gestion différentiée, une pépinière capable de fournir des plans génétiquement variés d'espèces locales (Pépinière de Haendries), des atlas et document d'accompagnement d'une trame verte et bleue (TVB), des plaquettes de sensibilisation, modules de formation, etc.
Des premiers bilans, on peut déduire que si d’ici 2010, 100 % des lycées, 70 % des collèges, 30 % des établissements publics et des logements sociaux et 5 % des bureaux et des logements privés étaient ainsi construits ou réhabilités suivant une démarche HQE, on pourrait espérer :
- - au moins 30 % d’économie d’énergie dans le résidentiel et le tertiaire
- - au moins 16 % d’économie en eau potable
- - un potentiel d’emplois de 10 à 15 000 emplois directs et indirects
- - la constitution par la qualification des maîtres d’œuvre et entreprises du bâtiment, d’un pôle de compétences régional
modifier Évolutions, perspectives
- Vers des routes HQE ? En France, avec l'assistance du CSTB et d'autres acteurs, le conseil général du Nord a mis en place en 2005-2006 un groupe de travail sur ce thème.
- Une quinzième cible HQE ? Un début de réflexion existe depuis 2004 avec notamment la direction Environnement du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais sur le thème d'une quinzième cible HQE visant une meilleure intégration de la biodiversité. Cette cible intégrerait aussi et plus largement l'idée de « remboursement de la dette écologique » (du bâti et de ses habitants ou usagers).
- Moins de pollution lumineuse : L'ADEME a mis en place fin 2005 une formation sur la maîtrise de la demande en électricité, concernant l'éclairage et intégrant les aspects dits de « "pollution lumineuse" », alors que l'AFE (Association Française des Éclairagistes) publiait son premier guide sur les "nuisances lumineuse" ; autant d'éléments qui pourront aider à une meilleure prise en compte de ces facteurs, en particulier pour l'éclairage extérieur qui prend une importance croissante.
- Vers une certification : Le 1er mai 2006, l’activité de certification des acteurs et des ouvrages de construction initiée au sein du CSTB est transférée à une nouvelle société dénommée Certivea qui conçoit, développe, et réalise des prestations de certification d’acteurs et d’ouvrage de construction
Pistes d'amélioration et de réflexion :
- - Choix du lieu d'implantation ;
- Ce choix échappe généralement à l'architecte, voire au prescripteur. On peut regretter que certains sites à vocation HQE soient éloigné des réseaux de transport en commun, construits en zone inondable ou qu'ils contribuent à fragmenter les écosystèmes. Comment encourager le maître d'ouvrage à localiser de manière écologiquement cohérente le bâti et les infrastructures le desservant, en tenant compte du contexte écologique, paysager, urbain, socioéconomique, et de manière à minimiser les flux, les distances de déplacement (et la consommation d’énergie et les sources de pollutions et nuisances y afférant ?… Encourager l'intégration très en amont de la HQE à l'échelle des Pays, des Agglomérations, par ex dans le cadre d’un Agenda 21, d’un SCOT (Schéma de COhérence Territoriale en France) est une des pistes développées mi 2007 par le Grenelle de l'environnement (Atelier 1)
- - L’intégration du Vivant (faune et flore)
- Il est approché pour des raisons esthétiques, mais il est nécessaire pour des raisons éthiques et fonctionnelles (voir quinzième cible HQE). Il est trop souvent limité au végétal. Les équilibres écologiques nécessitent la présence d'une faune minimale. Les pollinisateurs, les insectivores méritent une attention particulière. l'éclairage nocturne ne doit pas les perturber, etc. Ils devraient trouver place :
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- dans le bâti extérieur (enveloppe, cours intérieurs, fondations, surplombs, etc, dans un esprit proche du concept de maison-nichoir),
- dans certains espaces tampons, pour certaines espèces (type véranda, jardin d’hiver, dans la mesure du possible planté dans le sol naturel),
- dans certains espaces intérieurs (ex : système d’épuration de l’air, des eaux usées utilisant les plantes comme Phyt'air, les algues, mais aussi les bactéries et d’autres organismes aquatiques), avec les précautions et le suivi qui s'imposent.
- en prévoyant des niches écologiques pour les espèces potentiellement présentes après que l’environnement se sera amélioré et non pour les seules espèces présentes au moment de la réalisation de l’état initial ou du profil environnemental.
Les principes de l'intégration de la biodiversité dans l'environnement humain (structure bâtie et non bâtie) sont résumés dans l'article biodiversité dans le bâti et le jardin.
- - Le développement de fonctions compensatoires et restauratoires.
Ces deux fonctions sont nécessaires à un objectif de « remboursement de la dette écologique ».
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- Ceci implique d'inscrire le bâti dans un réseau écologique fonctionnel (maillage de corridors biologiques à créer, restaurer, préserver, puis gérer (gestion écologique et restauratoire, et donc différentiée).
- Le bâtiment et ses occupants ne devraient-ils pas produire plus d’oxygène qu’ils n’en consomment, et rejeter de l’eau et de l’air aussi ou plus propres que ce qu’ils auront prélevé dans le milieu ? Leurs déchets organiques et ceux des espaces verts ne devraient-ils pas systématiquement contribuer à restaurer les écosystèmes (quand cela ne pose pas de problème sanitaires) ?
- Des niches écologiques compensatoires pourraient tendre à effacer l’empreinte écologique des aménagements et de leur fonctionnement.
- La mesure de l’empreinte écologique, qui est nécessaire à l'évaluation de la dette écologique.
Projets de villes-HQE, dans les monde...
- divers projets d'éco-towns ou vastes quartiers HQE ont abouti (« Mountain View » en Californie, « Hammerdy Sjöstat » en Suède, « New Songdo City » en Corée, ou encore les Ecotowns anglaises notamment inspirées par le quartier de Bedzed).
Royaume-Uni : le Premier ministre Gordon Brown annoncait lors de son investiture la création de cinq Ecotowns dans le pays ; de 10.000 à 20.000 habitants chacune, la première étant créée par l’Etat et les suivantes sur initiative locale. Un appel à projet a suscité près de quarante candidatures de villes anglaises, ce qui a incité le gouvernement à étendre ce programme à dix écotowns
- La France a pris du retard, mais dans la dynamique du Grenelle de l'environnement, en en 2007, l'idée d'encourager la réhabilitation HQE et de construire des villes HQE renouvelées sur elles-mêmes a progressé. La commission Attali a également en 2007 proposé de créer avant 2012 au moins dix « 'Ecopolis' » ; des villes nouvelles HQE, comprenant 20 % d'espaces verts, favorables à la biodiversité, et qui abriteraient plus de 50.000 habitants, en intégrant un haut niveau de NTIC, de l'emploi local et une mixité sociale, alimentées par de l'éolien et du solaire et jouant le rôle de vitrine et laboratoire en matière de sobriété énergétique et en eau. Les écopolis restent critiquées par plusieurs ONG si elles doivent encore contribuer à l'étalement urbain et à augmenter le réseau routier. Ces dernières souhaitent une réhabilitation HQE de villes à densifier3.
Un label BHQE (Bateau Haute Qualité énergétique) est à l'étude en Bretagne4.
modifier Notes et références
modifier Articles connexes
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