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modifier DéfinitionLe communautarisme est un terme créé aux États-Unis dans les années 1980 pour désigner une philosophie dite "comunautarienne" qui affirme que "l'individu n'existent pas indépendamment de ses appartenances, soient-elles culturelles, ethniques, religieuses ou sociales."1 En France, le terme prend une autre signification : il qualifie les revendications culturelles ou politiques de groupes minoritaires, et il est en général utilisé par les opposants à cette tendance à la sectorisation de la société française. Selon Laurent Lévy le mot "communautarisme" se définit avant tout en creux, en définissant ce que les critiques du communautarisme condamnent quand ils se servent de ce mot. Ainsi, si le mot communautarisme peut rencontrer des réalités sociales avérées, ce n’est le plus souvent pas dans l’un de ces sens qu’il est employé, mais plutôt dans le sens de ceux qui condamnent le communautarisme2. Toujours selon Laurent Lévy, "Le « communautarisme » n’existe pour l’essentiel que comme figure de ce qu’il faut rejeter."3. De même selon Pierre-André Taguieff, « le "communautarisme" est d'abord un mot qui dans le discours politique en France depuis une quinzaine d'années fonctionne ordinairement comme un opérateur d'illégitimation » et « le communautarisme est défini par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté"1. modifier Différents communautarismesmodifier ArgumentationSelon les adversaires du communautarisme les droits d’un individu risquent de devenir différents en fonction de son appartenance à telle ou telle communauté, fondée sur une religion, une ethnie ou une communauté linguistique4. Pour les républicains, le communautarisme remet en cause l’espace public neutre, et empêche l’individu de se définir ou de se redéfinir5 : une fois membre d’une communauté, il devient difficile d’en sortir (par exemple, le Conseil français du culte musulman (CFCM), sous la pression de l'UOIF, refuse d’accepter le droit à changer de religion pour les musulmans, et préfère que ne ce soit cité dans la charte, que la référence aux droits de l'Homme et non à la seule liberté de changer de religion car celà accriditerait l'idée qu'il y ait quelque chose en islam qui limite cette liberté.6). Mais la confrontation des différences entre ces communautés pose encore de nombreux problèmes (cf. les débats actuels, qui démontrent par leur simple présence que les « complexités » de la vie contemporaine dans une société de plus en plus « communautaire » ou ségrégée ne sont pas réglées), l'un de ces problèmes étant l'échelle que l'on adopte (mondialité, etc.) pour décrire les phénomènes de dissolution et de recomposition identitaires. modifier Les positions extrêmes et le positionnement situéPour ses défenseurs les plus extrêmes, aucune perspective n'existe en dehors de la communauté et il est impossible de se détacher de son histoire et de sa culture. Pour eux,
Il existe cependant des formes de communautarisme n'adoptant pas des positions aussi caricaturales, souvent empreintes de fanatisme religieux et de traditionnalisme. Pour eux, l'individu est simplement engagé dans une histoire dont il ne peut être totalement indépendant7. modifier Communautarisme et anticommunautarisme en FranceLe communautarisme est un terme polémique utilisé en France pour qualifier l'attitude ou, plus généralement, le mode de vie d'une communauté minoritaire devant lesquels les idéaux républicains, égalitaires et laïcs devraient s'effacer au nom d'un droit à la différence revendiqué par ces mêmes minorités[réf. nécessaire]. Bien originellement utilisé par les opposants à ces comportements, ce mot est maintenant repris par certaines associations représentant ces minorités[réf. nécessaire]. Pierre-André Taguieff a pu écrire : "Le terme «communautarisme» est utilisé, surtout en langue française (depuis les années 1980), pour désigner avec une intention critique toute forme d'ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute autocentration de groupe, impliquant une autovalorisation et une tendance à la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit «postmoderne» où l'«ouverture», et plus particulièrement l'«ouverture à l'autre», est fortement valorisée ..."8 La République française est, selon certains, par essence anticommunautariste, ceci est parfois contesté9. Les articles suivants résultent de versions successives de la constitution qui ont constamment durci l'attitude du pouvoir vis-à-vis des communautés et par extension vis-à-vis des minorités :[réf. nécessaire]
Ce dernier article a été rajouté dans le cadre de la révision constitutionnelle de 1992, lors du processus d'adoption du traité de Maastricht. (voir Politique linguistique de la France) Ces principes s'opposent donc à la reconnaissance publique de groupes, minorités ou communautés autres que la communauté des citoyens, quelles qu'en soient leur nature (raciale, ethnique, linguistique, religieuse...). L'idéologie sous-jacente à la constitution (l'état-nation : "Une langue, un peuple, une nation, un état") s'oppose donc à la reconnaissance de minorités nationales voire de peuples minoritaires en France. Ils ont été à chaque fois réaffirmés et durcis par le Conseil constitutionnel et par le Conseil d'Etat, notamment :
"Le français, par un privilège unique, est seul resté fidèle à l'ordre direct {...} La syntaxe française est incorruptible. C'est de là que résulte cette admirable clarté, base éternelle de notre langue. Ce qui n'est pas clair n'est pas français". Antoine de Rivarol, Discours sur l'Universalité de la langue française.
modifier Remise en cause de l'anticommunautarisme françaisL'anticommunautarisme est mis en cause, par exemple :
modifier Critiques de l'anticommunautarisme françaisPlusieurs auteurs ont critiqué l'anticommunautarisme français (voir bibliographie). Les adversaires de l'anticommunautarisme dénoncent la spécificité de l'anticommunautarisme français, alors que les pays anglo-saxons reconnaissent les communautés et le multiculturalisme[réf. nécessaire], mais à sa décharge on y recense moins d'émeutes raciales qu'aux USA ou au Royaume Uni. Les anticommunautaristes sont accusés[réf. nécessaire], en fonction des attitudes qu'ils adoptent :
En France, la conception de l'Universalisme républicain est censée résoudre ces contradictions en :
modifier Affirmation de l'anticommunautarismeEn fait, tous les politiques se déclarent anticommunautaristes, tant le mot contient de charges péjoratives. Ceci n'empêche nullement la défense des minorités. Par exemple, F. Bayrou qui se dit attaché au modèle républicain français déclare :
modifier Dérive de l'anticommunautarisme françaisL'anticommunautarisme peut parfois servir de paravent à des préjugés racistes (voir ci-dessous), islamophobes (voir ci-dessous) ou homophobes[réf. nécessaire]. modifier Illustrations de l'anticommunautarisme français
modifier La crainte du communautarisme musulmanÀ raison, la crainte du communautarisme musulman est issue :
modifier La communauté juiveIl existe actuellement une tendance à la radicalisation de certains milieux juifs en France conduisant à un intégrisme hébraïque et à une réaffirmation de leur identité.[réf. nécessaire] Ceci est perçu comme du communautarisme et est dénoncé notamment par les nationaux-républicains.[réf. nécessaire] modifier Anticommunautarisme et politiques régionalistesLes anticommunautaristes voient dans l'existence de communautés (voire même de minorités) d'origine ou régionales un danger pour l'unité nationale (selon le principe "Une seule langue, un seul peuple, une seule nation, un seul État") et une menace pour la cohésion sociale. Les régionalistes voient, à l'inverse, dans le développement de l'utilisation du terme anticommunautarisme
Les défenseurs des langues et cultures minoritaires ne considèrent pas (et depuis au moins un siècle) qu'il y a opposition entre l'existence du peuple français et l'existence des peuples minoritaires. Selon eux, le terme "indivisibilité" pose une volonté d'union - ce qui est positif et ne s'oppose pas à l'existence de minorités _ il ne s'agit pas de revendications communautaristes. Ils sont donc en désaccord avec l'interprétation donnée actuellement par le conseil d'État et par les nationaux-républicains, puisqu'elle aboutit à nier l'existence de minorités nationales en France et donc à la négation des droits des minorités culturelles en France, comme l'a maintenu la France lors de la signature de différents textes juridiques internationaux. Les républicains estiment de leur côté que la définition de droits culturels implique une limitation des droits de l'individu[réf. nécessaire]. L'action de nombreuses personnes parmi les nationaux-"républicains" consiste à dévaloriser systématiquement les langues et cultures minoritaires ainsi que leurs défenseurs (notamment dans le choix des termes: "tribus", repli identitaire, ethnicisation, communautarisme). Les questions linguistiques ne sont jamais abordées du point de vue des droits de l'homme, tels qu'ils apparaissent dans les documents juridiques internationaux de l'ONU. modifier Sentiments anti-régionalistes bretonsDes régionalistes parlent de la brittophobie (néologisme peu employé)[réf. nécessaire] qui serait la manifestation d'un sentiment anti-breton que certains individus éprouvent à l'égard soit des Bretons eux-mêmes, soit de leur culture ou de leurs langues, ou de ce qui est considéré (à tort ou à raison) comme particulièrement breton. Ils parlent aussi de racisme anti-breton. Il existe en anglais un terme britophobia qui ne s'applique pas aux Bretons mais aux Britanniques. modifier Exemples de brittophobie
modifier Anticommunautarisme européenEn septembre 2006, le terme a été employé dans un article du Figaro.fr pour désigner l'attitude, jugée hostile par la Commission européenne, du gouvernement allemand d'Angela Merkel à l'égard des institutions européennes23. Au niveau d'une communauté de pays, comme l'Union européenne, le terme peut être employé pour désigner une attitude ou une politique hostile à l'égard de cette communauté ou de ses institutions24. Certains inversent le terme, présentant par exemple les défenseurs de la Communauté européenne comme communautaristes, auxquels s'opposent les souverainistes, en fait plus repliés sur leur communauté nationale. Il y a aussi un communautarisme émergent relatif à l'orientation sexuelle. modifier Voir aussimodifier Articles connexesmodifier Liens externes
modifier Bibliographie sur le sujet
modifier Notes
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