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Le camouflage désigne tout moyen ou dispositif tendant à rendre moins visible ou à donner une apparence trompeuse, à quelque chose ou un être vivant.
Tireurs d'élite du 2e régiment étranger d'infanterie équipés d'un PGM Hécate II et d'un FR-F2 en Afghanistan en 2005.
Les teintes utilisées afin d'obtenir un effet camouflant sont généralement différentes variantes de verts, de kakis, de marrons, ou de beiges. Parfois le gris ou le noir sont aussi utilisés, mais en tout état de cause les couleurs utilisées le sont avec un aspect mat. Un système camouflant est réalisé à partir de différents matériaux et techniques, tels que des peintures, branchages, des filets colorés en textiles ou des tissus imprimés.
modifier Histoire du camouflage militaireDans le domaine militaire, le camouflage est largement utilisé pour dissimuler à la vue de l'ennemi du matériel, des véhicules, des navires ou du personnel militaire. Son utilisation dans l'uniforme des fantassins est un signe caractéristique du passage à l'ère de la guerre moderne, lors de la Première Guerre mondiale. En effet, dans les guerres des époques précédentes, les tenues voyantes permettaient de mieux distinguer les différentes unités sur un champ de bataille bien délimité, où la puissance et la portée des armes à distance étaient faibles et où la majeure partie des combats se faisait au contact. Avec l'augmentation de la portée et de la cadence de tir des armes à feu, la dissimulation devenait une nécessité pour protéger le soldat. modifier Première Guerre mondiale
Une technique simple est celle du "rideau de fumée". Selon la légende de cette photo d'archive il s'agit d'une opération de sauvetage camouflée par un brouillard artificiel, en 1917, sur le front de l'ouest (il pourrait aussi s'agir de soldats fuyant un nuage de gaz toxique
Aux premières heures du conflit seules les tenues vestimentaires des armées britanniques, allemandes et des États-Unis, adoptent des couleurs dans différents tons de kaki qui rendaient les soldats moins visibles de loin. Les premières utilisations du camouflage sont appliquées pour dissimuler les navires (principalement la Royal Navy), les avions (Certains avions allemands (Fokker) durant le premier conflit mondial, utilisaient un décor fait de losanges de différentes couleurs afin de dissimuler les avions parqués au sol à la vue des avions d'observation ennemis.), les chars d'assaut et les pièces d'artillerie. Le camouflage individuel apparaît sur le casque des soldats allemands lors de l'adoption du nouveau casque, le Stahlhelm, introduit en 1916, les troupes de choc peignaient leurs casques d'acier de formes géométriques et de couleurs claires, rappelant les formes appliquées sur les avions, afin de dissimuler leurs silhouettes lorsqu'ils regardaient au-dessus du parapet. Du côté français, certains attribuent aux travaux de Louis Guingot et de Lucien-Victor Guirand de Scevola la paternité du développement de cette technique dans les armées. L'armée française utilisa les compétences de différents artistes : dont Fernand Léger, Loÿs Prat, André Mare et Louis Abel-Truchet, elle les réunit au sein d'une section, appelée "camoufleurs", sous le commandement de Lucien-Victor Guirand de Scevola promu Lieutenant à cette occasion, cette section qui adopte au col des tenues un insigne en forme de caméléon, pour rappeler les compétences extraordinaires de cet animal mais aussi pour saluer l'animal qui vivait en liberté dans l'atelier de Louis Guingot. La tenue du sous-officier Louis Guingot qui servit de test est exposée au musée de la grande guerre de Péronne (Somme). En 1918, les camoufleurs employaient 1 200 hommes et 8 000 femmes dans la fabrique de camouflage supervisé par le capitaine Lucien-Victor Guirand de Scevola. C'est durant la grande guerre que les armées étrangères utilisèrent le mot français camouflage qui n'existait pas dans leurs langues. modifier Seconde Guerre mondialeLe camouflage fut très utilisé et amélioré durant le second conflit mondial, lors duquel on l'employa sur les tenues et vêtements portés par les troupes de certains pays, les avions, les chars, ainsi que les navires de guerre. Chaque pays belligérant adopta des types de camouflages qui avaient pour but de différencier les troupes amies des troupes ennemies. Chaque saison de l'année permettait d'utiliser un camouflage plus adéquat au milieu naturel ambiant. Pour l'hiver par exemple, des tenues blanches tachetées ont fait leur apparition. Pour les combats urbains, comme pendant la bataille de Stalingrad, on utilisa des tenues qui faisaient apparaitre un décor de briques, tenues qui furent utilisées principalement par l'armée Soviétique. Des techniques de trompe-l'œil furent utilisées sur le mur de l'Atlantique, des peintres dessinèrent de fausses fenêtres et des façades pour dissimuler des blockhaus et les faire passer pour des immeubles d'habitations. modifier ActuellementLes moyens de détections modernes (vision infrarouge, radar, détection acoustique) ont rendu le camouflage moins opérant mais son utilisation reste préconisée. Les armées et industriels développent en réaction à ces progrès de nouveaux moyens de camouflage comme par exemple, de nouveaux types de filet, qui en plus d'être bariolés, diminuent le rayonnement thermique de l'objet couvert (le rendant ainsi moins visible aux moyens de vision en infrarouge) modifier Les grandes familles de camouflagemodifier Camouflage à forme briséeHéritier du camouflage des casques allemands et des tenues des camoufleurs français, il est composé de deux, trois ou quatre couleurs. Ce sont de grandes taches ou coups de pinceaux qui sont appliqués sur un tissu déjà coloré. Ce motif a pour avantage de casser les formes. Très efficace de loin ou contre les reconnaissances aériennes, il a pour défaut d'augmenter le contraste et d'être inefficace à courte distance.
modifier Flecktarn/Digital Camouflagemodifier FlecktarnEn 1937, les Waffen-SS décident sous l'impulsion d'Heinrich Himmler de renouer avec le culte du « chasseur/soldat » et de développer un camouflage qui les rapprochera de la forêt en les distinguant de l'armée régulière. C'est ainsi que Brandt and Schick's développe en décembre 1937 un motif qui rompt avec la technique de brisure. Ce motif est appelé « motif d'arbre », il est composé de petites taches et de forme rappelant les feuilles. En test sur le champ de bataille, il devient un succès en réduisant de 15 % les engagements adverses. Il sera amélioré, pour obtenir en 1944 le camouflage de type Erbsenmuster ou « petit pois », seulement composé d'un assemblage quadricolore de petites taches non sans rappeler le pelage des félins. Les américains s'inspirent de ce type de camouflage mais ne l'utilisent que sur le front Pacifique afin d'éviter les erreurs avec leurs adversaires Nazis. Durant la guerre froide l'armée de l'Allemagne de l'Ouest continue d'exploiter ce type de camouflage « petit pois » ou « Leopard ». C'est en 1990 que l'armée allemande reconstituée utilise le camouflage de type flecktarn. Décliné en version désert Wüstentarn. modifier Camouflage digitalCe type camouflage à pois ne laissa pas l'armée américaine de marbre et de nombreux tests durant les années 1970 s'orientèrent vers des versions à forme carrée ou rectangulaire1. C'est seulement dans les années 2000 que l'armée canadienne mis au point le premier digital camouflage, le CADPAT (CAnadian Disruptive PATtern), assisté par informatique, ce camouflage utilise des synthèses d'image satellite, il reprend l'idée des points des Waffen-SS. Il est officiellement en service en 2002 et décliné en version aride CADPAT Arid Regions (AR) et arctique. L'armée US ne reste pas en reste et chaque corps développe son propre digital.
modifier Ghillie suitmodifier MultiCamLe MultiCam est un camouflage hexa-chromique, il fut en concurrence avec le camouflage ACU pour remplacer les stocks de l'US army. Développé par la société Crye Precision2, il a la particularité d'être tout terrain. Utilisé par certaines forces spéciales de l'United States Special Operations Command, il est cela dit très prisé par les mercenaires des sociétés militaires privées en particulier la fameuse Blackwater Worldwide, avec Crye Precision a développé une ligne d'équipement. Il reprend et fusionne l'idée du camouflage brisé et du camouflage à pois. modifier Principe du FOMECBLOTFFOMECBLOT sont les initiales de : Fond, Forme, Ombre, Mouvement, Éclat, Couleur, Bruit, Lumière, Odeur et Traces. Il s'agit d'un moyen mnémotechnique pour les militaires francophones afin de garder à l'esprit les fondamentaux du camouflage. Une variante est FORMATT pour Forme, Ombre, Reflet, Mouvement, Arrière-plan, Tonalité, Traces. Il convient en effet de casser la forme pour la rendre moins discernable, de ne pas oublier que le soleil tourne et qu'un abri camouflé le matin peut se retrouver exposé l'après-midi, de prendre garde aux objets métalliques, aux verres de montres et autres optiques et de se déplacer lentement. Il faut également veiller à toujours coller à son environnement s'il y a déplacement (d'une zone boisée vers des champs par exemple), communiquer par signes et enfin effacer toute trace de son passage (empreintes, déchets…). Concernant les odeurs, les dentifrices, ainsi que les savons parfumés ou odorants sont à proscrire, notamment en forêt ou dans la jungle. modifier Camouflage thermo-optiqueLa lumière émise par un corps ne se limite pas à la lumière visible. Nous l'avons vu précédemment, les camouflages sont essentiellement composés de motifs appliqués principalement sur les textiles qui dissimulent la présence mais ne la masquent pas. Le camouflage thermo-optique permettra de masquer complètement le corps de la vision de l'ennemi. modifier Camouflage optiqueDes laboratoires de l'armée américaine développent des camouflages rendant le porteur invisible. Ceux-ci permettent la réflexion de la lumière d'un côté du corps à l'autre. Ainsi, un homme situé devant un mur noir sera aperçu avec une teinte noire. Des capteurs (placés sur le dos) font ressortir la même teinte (sur le ventre). Ce type de camouflage est en phase de développement. Il est aussi développé pour les blindés et autres véhicules lourds. Son efficacité ne lui permet pas encore d'être très fiable. modifier Camouflage aux infrarougesDurant la Seconde Guerre mondiale, les armées ont déjà été confrontées au problème du camouflage dans le spectre électromagnétique hors de la vision humaine (infrarouge et ultraviolet). La photographie infrarouge est développée par Kodak en 1937 ; les nazis y trouvent tout de suite une application militaire, pour la détection des troupes adverses de nuit. Dans les infrarouges, le vert naturel de la flore réfléchit cette partie du spectre tandis que le corps humain, qui l'absorbe, apparaît plus sombre. C'est ainsi que la fabrique chimique I.G. Farben développe un agent chimique à haut pouvoir réfléchissant, appelé Hydron Olive GX. Il contient du sulfure et est incorporé dans les parties vertes des camouflages nazis. De leur côté les Américains ne maîtrisèrent pas pleinement les techniques de vision infrarouge. C'est seulement en 1965, durant la guerre du Vietnam, que l'armée US ajoute des colorants réfléchissant aux tenues militaires. En 1981, le camouflage M81 woodland a intégré pleinement des agents réfléchissants. Mais durant ce début des années 80, l'armée US se voit confier de nouvelles missions dans le golfe Persique. L'armée américaine s'aperçoit que le M81 woodland devient un handicap pour les zones arides. La solution est simple : ne pas ajouter d'agent réfléchissant dans les camouflages aride et arctique (tel que dans le Chocolate chips) modifier Camouflage thermiqueLe corps humain (dans une moindre mesure que les véhicules) dégage un rayonnement de chaleur, lié à sa température, visible par thermographie. L'objet chaud apparaît de façon claire, ce qui le détache du fond plus sombre. Une méthode pour réduire cette signature thermique est de rendre le soldat plus proche de la température de l'environnement en augmentant la surface d'échange. L'utilisation d'un poncho permet la diffusion de la chaleur et casse la forme humaine. Des techniques plus efficaces sont aussi employées, telle que la tenue ghillie qui, par son nombre de fibres, agit comme un radiateur. Une autre technique est de développer des textiles ou des peintures à faible émission, incorporant le plus souvent des particules métalliques. modifier Camouflage navalDurant la Seconde Guerre mondiale, les bateaux de guerre, pour se protéger des sous-marins dont les U-Boot, adoptèrent un camouflage qui permettait de brouiller la vision de leurs infrastructures. Le camouflage se constituait de formes géométriques de couleurs grises ou noires ; parfois on redessinait les contours d'un autre navire sur la coque afin de mieux tromper l'observateur ennemi. Ainsi, par un périscope ou de loin à la jumelle, il était difficile de déterminer de quel type de vaisseau il s'agissait. modifier Exemples de camouflages militairesmodifier Notes et références
modifier Voir aussi
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