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Cet article a pour sujet la Bretagne en tant qu'entité historique, géographique et culturelle. Cet article regroupe l'ensemble des notions de la Bretagne, à savoir la région de l'Ouest de la France (incluant la Loire-Atlantique) ainsi que la région administrative. Pour plus d'information sur l'actuelle région administrative, voir l'article Région Bretagne. Pour les autres significations du nom Bretagne, voir Bretagne (homonymie).
La Bretagne ou Bretagne historique est une péninsule de l'ouest de la France, située entre la Manche au nord, la Mer Celtique à l'ouest et le Golfe de Gascogne au sud. À la fin de l'Empire romain, elle connait un afflux de population due à l'immigration massive1,2 de Bretons insulaires dans une partie de l'ancienne Armorique celte. Ceux-ci créent un royaume3 au IXe siècle, qui devient ensuite un duché4. Elle devient en 1532 une «province réputée étrangère5 » unie à la France sous la même couronne jusqu'à sa disparition administrative en 1790 et sa division en cinq départements : les Côtes du Nord, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Inférieure, le Morbihan. On attribue souvent à la Bretagne une identité forte, pourtant encore soumise à controverse6. La Bretagne est considérée[Qui ?] comme l'un des six pays celtiques7, au regard de la linguistique, de l'ethnologie et de l'histoire. Ses habitants sont les Bretons, que l'on parle de la région historique ou de la région administrative actuelle. Son nom breton, Breizh (sans article ; prononcer [brɛjs] en breton KLT, [brɛχ] en breton vannetais), est orthographié avec un « ZH » pour rassembler l'ancienne écriture existant pour le nord et l'ouest (Breiz) avec celle du sud (Breih). « Breizh » est couramment abrégé en BZH. En gallo, l'autre langue traditionnelle de Bretagne, son nom est Bertaèyn. L'appellation Bretagne désigne également une région française, composée de quatre départements. Le département de la Loire-Atlantique, historiquement breton, est aujourd'hui rattaché à la région Pays de la Loire et la question de sa réunification à la Région Bretagne fait l'objet de débats.
modifier ÉtymologieLe nom de la Bretagne vient du latin Britannia qui désignait durant l’Antiquité la Bretagne insulaire. Après la chute de l'Empire Romain d'Occident et au fur et à mesure que les Bretons s'installent dans le pays, le nom de leur patrie d'origine se substitue à celui de l'ancienne Armorique sans toutefois le remplacer totalement. Il s'impose définitivement vers la fin du VIe siècle et peut-être même dès la fin du Ve siècle8. On parle alors de Britannia Minor ou de Britannia pour désigner le territoire sous le contrôle des Bretons. Le nom breton de la Bretagne viendrait lui d'un ancien Brittia. Le terme « Armorique » est souvent utilisé pour désigner la Bretagne et ce même s'il désignait à l'origine un ensemble plus vaste. Il viendrait du Gaulois aremorica qui signifierait « proche de la mer »9. Un troisième nom Letauia (en français « Létavie ») a été utilisé jusqu'aux XIe siècle et XIIe siècle. Il viendrait d'une racine celtique signifiant « large et plat », « s'étendre », « déployer » et se retrouve dans le mot gallois Llydaw qui désigne la Bretagne10. modifier Histoiremodifier Préhistoire
Allée couverte de La Roche-aux-Fées
Menhirs des Alignements de Carnac
La Bretagne est peuplée par l'homme dès le paléolithique inférieur avec une population néanderthalienne qui ne se distingue pas de celle du reste de l'Europe occidentale et qui est sans doute peu nombreuse. Sa seule particularité est l'existence d'un faciès particulier, le Colombanien11 centré sur Carnac. Les premiers hommes modernes arrivent en Bretagne vers -35.000 et remplacent ou absorbent les néanderthaliens. Le paléolithique supérieur est marqué par des industries de transitions, proches du châtelperronien sur la côte nord et par des industries plus classiques, de facture magdalénienne, au sud de la Loire, sans qu'on puisse savoir si la différence entre les deux est purement culturelle ou si elle reflète la persistance d'un réduit néanderthalien. La Bretagne ne possède qu'une seule grotte ornée, La Dérouine. Au mésolithique la Bretagne se couvre de forêts et est peuplée par des communautés relativement nombreuses, divisées en trois groupes régionaux. Au mésolithique récent s'amorce une tendance à la sédentarisation, notamment dans les sites de Teviec et d'Hoedic12, avec peut-être un passage à l'élevage. L'agriculture arrive en Bretagne au Ve millénaire av.J.C, apportée par des migrants venus du sud et de l'est. La néolithisation ne se traduit cependant pas par un remplacement de population. Les chasseurs-cueilleurs locaux adoptent les nouvelles techniques qui permettent l'émergence de sociétés complexes, notamment autour du Golfe du Morbihan. Cela se traduit par l'apparition d'une architecture mégalithique, d'abord des cairns, puis des tombes princières et des alignements. Le département du Morbihan concentre à lui seul de nombreux mégalithes dont le Grand menhir brisé d'Er Grah qui est le plus grand monument transporté et érigé par les hommes du néolithique. Le site le plus connu est situé à Carnac. Même si des influences de la culture de la céramique cordée se fait sentir à la fin du néolithique, la Bretagne présente une certaine continuité culturelle jusqu'au début de l'âge du bronze. Le campaniforme, très présent semble ainsi s'intégrer aux traditions locales. modifier Protohistoire celtique
Carte des Peuples gaulois de l'actuelle Bretagne.
Pendant la protohistoire celtique, le territoire est occupé par cinq peuples principaux13 :
Ces peuples avaient de fortes relations économiques avec les Celtes de l'île de Bretagne, notamment pour le commerce de l'étain. Ils appartenaient à une « confédération armoricaine » de peuples gaulois qui, selon Jules César, comprenait « les Coriosolites, les Redones, les Ambibarii, les Calètes, les Osismes, les Lémovices et les Unelles » (Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 75.15). modifier Antiquité gallo-romaineLe territoire de la future Bretagne, comme toute l'Armorique, fut conquis par les Romains lors de la guerre des Gaules. À la fin du Ve siècle, les Bretons de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), ont émigré en Armorique avec leurs coutumes et leur langue, leur présence ayant été organisée antérieurement pour la défense de l'Empire romain face aux migrations germaniques. La thèse selon laquelle cette migration aurait eu pour cause la pression des envahisseurs Anglo-Saxons a pour origine le De Excidio de Gildas et est maintenant remise en cause. André Chédeville et Hubert Guillotel notent, par exemple, : « Il parait maintenant certain que la pression vint de l’ouest et non de l’est et qu’elle fut exercée par d’autres peuples celtiques, de langue d’ailleurs distincte : les Scots d’Irlande »16. Ils ont donné leur nom à cette région, qui s'est longtemps appelée Petite Bretagne ou Bretagne continentale, par opposition avec leur île d'origine. modifier Pays historiquesLa Bretagne est divisée à l'origine en neuf pays :
Ces neufs pays correspondent aux diocèses, qui sont eux-mêmes subdivisés en doyennés. Leur création s'est étalée du VIe au Xe siècle. Tous ces diocèses étaient rattachés à l'Archidiocèse de Tours. modifier Haut Moyen Âge
Bataille de la Roche-Derrien pendant la Guerre de Succession de Bretagne
Au Haut Moyen Âge, la Bretagne était divisée en deux, puis trois royaumes17 — la Domnonée, la Cornouaille et le Broërec (initialement appelé Bro Waroch) — qui furent réunis sous l'autorité des ducs et rois de Bretagne18 au IXe siècle. Cette Bretagne s'érige au IXe siècle sous Erispoë en un royaume unifié18. Le Traité d'Angers en septembre 851 en défini les limites. Le traité d'Angers vole en éclat sous Salomon qui repart en guerre contre Charles le Chauve aux prises avec les vikings. La Bretagne atteint alors son extension maximale et comprend l'Avranchain, le Cotentin, les îles Anglo-normandes, une partie du Maine et de l'Anjou. Le royaume est déstabilisé puis détruit par les occupations et les incursions des Vikings au début du Xe siècle. En effet, La Bretagne perd ses dernières conquêtes sur l'Anjou, le Comté du Maine et la Normandie. En 909, à la suite de la mort d'Alain le Grand, Foulque Ier d'Anjou reçoit le comté de Nantes qui avait définitivement acquis le pays de Retz sur le Poitou. Il est chargé de lutter contre les Normands et les Bretons. Le comté de Nantes sera étroitement lié à l'Anjou et à la dynastie des Plantagenêts jusqu'en 1203. Reconstituée, affaiblie, par le duc Alain II de Bretagne et ses successeurs, la Bretagne n'est plus qu'un duché (parfois appelé simplement comté) qui reprend globalement les limites du Traité d'Angers. Les ducs continueront toutefois d’exercer les prérogatives royales de leurs prédécesseurs[réf. nécessaire] et maintiendront des alliances avec la famille royale française par des mariages le plus souvent avec des princesses de la noblesse française. Dans le jeu de liens féodaux, la Bretagne devient alors un enjeu important entre la Normandie et l'Anjou, puis entre le roi d'Angleterre (qui revendiquait le trône de France) et le roi de France. Les relations entre le duché et ses voisins dépendaient essentiellement des rapports personnels qu’entretenaient leurs chefs. La politique des ducs de Bretagne est alors parfois menée de manière indépendante, parfois dominée par le roi d'Angleterre et parfois par le roi de France. Les ducs de Bretagne, profitant des difficultés du pouvoir royal face aux grands féodaux, entretiennent comme d'autres fiefs une certaine indépendance politique vis à vis du roi de France, notamment à partir du XIVe-XVe avec l'avènement de la dynastie des Montfort. Cette politique d'émancipation atteint son point culminant sous le règne de François II de Bretagne avec l'expulsion de l'administration royale, etc. Les nombreuses erreurs politiques et alliances contre le roi de France ainsi que l'opposition de la noblesse bretonne entrainent sa défaite en 1488. modifier Époque moderneSuite à la révolte de grands féodaux contre le pouvoir royal lors de la guerre folle, François II, duc de Bretagne, subit d'importantes défaites militaires en 1488 (Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier). Le traité de Sablé dit « traité du Verger » est signé par Charles VIII, roi de France, et François II, duc de Bretagne le 19 août 1488. Il stipule que l’héritière du duché ne peut se marier sans l’accord du roi de France. L'historien américain Eugen Weber pointe en ces termes les conséquences de la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier : « Après l’union forcée avec la France, les villes bretonnes furent envahies par des Français qui écrasèrent ou même remplacèrent les commerçants locaux, francisèrent les gens qu’ils employaient ou touchaient d’une autre façon. Les ports du roi comme Lorient ou Brest, étaient des villes de garnison en territoire étranger et le terme de colonie était fréquemment employé pour les décrire19 ». La guerre reprend pour encore trois ans suite au non respect des clauses du traité lors du premier mariage d'Anne de Bretagne, jusqu'à ce qu'en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Le roi de France affermit son autorité sur la Bretagne. Ceci conduit à une union personnelle entre souverains, notamment suite aux exigences d'Anne de Bretagne qui refuse tout mariage avec un autre que le roi de France alors que plusieurs prétendants lui avait été proposés, puis en 1532 l'union perpétuelle entre le duché et le royaume est sollicitée à Vannes par des États de Bretagne et sanctionnée par l'édit royal signé dans la foulée au Plessis-Macé. La Bretagne garde cependant certains privilèges (législation et impôts spécifiques) jusqu'à la Révolution française. En effet, c'est lors de la fameuse nuit du 4 août 1789 que sont abolis les privilèges, que ce soient ceux des communes, des corporations, de la noblesse, du clergé et ceux s'appliquant localement dans certaines provinces du royaume dont la Bretagne. La période du XVe au XVIIIe siècle est considérée comme la période la plus faste de la Bretagne qui est alors placée au cœur des routes commerciales maritimes les plus actives entre l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande, et qui profite surtout du développement du premier empire colonial français en Amérique et aux Indes. Les toiles de chanvre et de lin noyales, crées, bretagne ou olonnes symbolisent l'essor de cette période qui permit le financement d'un impressionnant patrimoine architectural. L'hôtel de la monnaie de Rennes est alors le premier de France. Le colbertisme, avec la création de manufacture dans d'autres provinces du royaume, et les conflits avec l'Angleterre soucieuse de limiter les flottes des nations continentales entraineront une récession qui culminera à la fin du XIXe siècle. La Bretagne était divisée en comtés (Cornouaille, Léon, Broërec, Tréguier, Penthièvre, Porhoët, Nantais, Rennais...) puis en huit baillies qui évolueront en quatre présidiaux, eux-mêmes divisés en sénéchaussées. Elle était aussi divisée en neuf évêchés (Broioù ou Eskopti en breton). À la Révolution française, les privilèges des provinces sont abrogés dans la nuit du 4 août 1789 (ceux de la Bretagne à l’initiative des députés de la région). La Bretagne cesse d'exister en tant qu'entité administrative lors de la départementalisation ; elle est divisée en 1790 en cinq départements :
En 1848, les cinq départements bretons sont réunis sous l'autorité du Nantais Michel Rocher, commissaire général de la Bretagne, qui chapeaute les autres commissaires (= préfets) bretons. Jusqu'au 3 janvier 1859, le diocèse de Rennes faisait partie de l’Archidiocèse de Tours, date à laquelle Rennes devint à son tour, le siège d’un archevêché et le diocèse fut élevé au rang d'archidiocèse. Une première initiative avortée avait déjà été prise en ce sens par l’Assemblée constituante. L'archidiocèse de Rennes regroupa les quatre diocèses suivants : Rennes, Quimper et Léon, Vannes, Saint-Brieuc et Tréguier. Le diocèse de Nantes restera sous la juridiction de l'Archidiocèse de Tours. Sur le plan spirituel, l'archidiocèse de Rennes configurait en ce milieu du XIXesiècle, les limites de la région Bretagne actuelle à quatre départements. Le projet de création de régions économiques dites « groupements économiques régionaux » ou « régions Clémentel » prévoyait en 1917 de grouper en une IIIe région (ou région de Rennes) les 4 départements du nord et de l'ouest de la Bretagne tandis que la Loire-Inférieure aurait rejoint la IVe région (ou région d'Angers) avec la Mayenne, la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Vendée et l'Indre-et-Loire. La réalisation des régions Clémentel intervint à partir d'avril 1919. La région de Rennes dénommée alors VIe région comprit l'Ille-et-Vilaine, les Côtes-du-Nord et le Finistère. La grande Ve région ou région de Nantes se vit attribuer la Mayenne, la Sarthe, l'Indre-et-Loire, le Maine-et-Loire, la Vendée, la Loire-Inférieure et le Morbihan : on avait groupé autour d'une grande ville les départements du bassin économique de celle-ci, et à ce titre-là, il avait été fort discuté de l'appartenance à Nantes ou à Rennes du Finistère, qu'il aurait fallu diviser en sud et nord. Ces régions économiques échoueront pendant les années vingt pour ne vivoter que sous la forme d'unions plus ou moins lâches de chambres de commerce. En septembre 1919, les fédérations de syndicats d'initiative commencent à organiser des « régions touristiques » sur un modèle un peu différent. La nature du découpage étant cette fois-ci touristique, géographique et ethnographique, ces régions touristiques ne coïncideront pas avec les régions économiques : une région appelée Bretagne s'étendit sur le Morbihan, le Finistère, les Côtes-du-Nord et l'Ille-et-Vilaine. Une région appelée Vallée de la Loire réunit elle la Loire-Inférieure, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Sarthe, l'Indre-et-Loire, plus les moitiés occidentales du Loir-et-Cher et du Loiret. Le 19 avril 1941, le maréchal Pétain signe à Vichy une loi qui groupe les départements en régions sans faire réapparaître le nom de la Bretagne. Son cabinet décide cependant de séparer la Loire-Inférieure de la région de Rennes, pour l'inclure dans une région d'Angers. Les limites territoriales actuelles de la Bretagne sont définies par le décret du 30 juin 1941 rédigé par le Maréchal Pétain et publié le 1er juillet 1941 dans le Journal officiel de l'État français pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'occupation nazie. Le général de Gaulle signe une ordonnance comparable le 10 janvier 1944. Ces régions furent dissoutes après le départ de De Gaulle de Matignon en 1946. Le CELIB (Comité d'études et de liaison des intérêts bretons), créé sous la houlette du journaliste Joseph Martray, est créé en 1950 et influe sur la création d'une reconnaissance des régions dans un cadre européen. Sous le gouvernement d'Edgar Faure en 1956, la création des « régions de programme » fait alors renaître la région Bretagne. Basé sur des considérations techniques, économiques et politiques, mais en rien historiques, ce redécoupage créé une région administrative appelée Bretagne avec seulement quatre départements, la Loire-Atlantique étant rattachée à la région des Pays de la Loire. La loi de régionalisation de 1972 entérine cette séparation, malgré l'opposition du Conseil général de Loire-Atlantique, puis ses différents votes (à l'unanimité) pour son rattachement à la Bretagne, malgré les votes du conseil régional de Bretagne dans le même sens. Car le Conseil d'État y a toujours fait obstacle. À l'heure actuelle, le rattachement de la Loire-Atlantique continue d'être l'objet de débats mais pose nombre de problèmes économiques car, selon certains, l'agglomération nantaise pèse un poids trop important qui risquerait de déstabiliser la région en affaiblissant Rennes et les autres villes de Bretagne. Si l'opinion publique semble parfois y être favorable : plusieurs sondages indiquent que 55 à 65 % des personnes interrogées le souhaiteraient. Toutefois ses résultats doivent être largement pondérés. Selon un sondage TMO-Région de juin 2006, par exemple, pour un échantillonnage de 1 000 personnes (le plus important jusqu'à présent), 68% des personnes qui se prononcent y sont favorables, ce qui représente 55 % des personnes interrogées, alors que 19 % n'ont pas souhaité s'exprimer. Cependant, il apparaît clairement dans ce même sondage que 60 % des sondés restent favorables au maintien de la Loire--Atlantique dans la région des Pays-de-la-Loire, et seulement 10 % des personnes interrogées ne se prononcent pas sur ce maintien. Une analyse plus fine des données statistiques révèle qu'une forte proportion des habitants de Loire-Atlantique pense que ce débat sur le rattachement n'est plus une question d'actualité. Il apparaît en fait que seulement 31 % des habitants de Loire-Atlantique sont réellement favorables au rattachement à la Bretagne, 37 % sont réellement contre ce rattachement, et 32 % n'ont pas d'opinion réelle. En région Bretagne, 37 % des habitants sont réellement favorables au rattachement, 27 % sont contre, et 36 % n'ont pas d'opinion réelle. Les manifestations organisées pour cela à Nantes sont organisées à l'échelle de 5 départements. Le gouvernement Raffarin ayant légalisé les référendums locaux, cette réunification est devenue techniquement possible. Les modalités de cette union impliqueraient de remplir un certain nombre de conditions administratives et législatives (comme l'organisation éventuelle d'une consultation auprès des populations concernées débouchant selon les choix effectués sur le redécoupage régional de toute la zone, entre autres choses). Cette réorganisation dépend des décisions des présidents des deux conseils régionaux et du président du conseil général de Loire-Atlantique. D'ailleurs, un tel rattachement de la Loire-Atlantique à la Région Bretagne « isolerait » relativement le département de Vendée (Bas-Poitou) qui n'aurait d'autre choix que de rejoindre la Région Poitou-Charentes. On parle de Bretagne historique quand on veut signifier les 5 départements bretons, et non les 4 de la Région Bretagne. modifier PolitiqueLa région Bretagne est administrée depuis les élections régionales de 2004 par le PS, avec ses alliés : Les Verts, le PCF, l'UDB et le PRG.
- Le Morbihan est traditionnellement de droite, avec toutes ses tendances : centristes, gaullistes ..., sauf autour de Lorient, d'Hennebont et de la région de Guéméné-sur-Scorff-Pontivy, qui sont soit au mains du PS soit du PCF. - Les Côtes-d'Armor est le département le plus à gauche, avec le Trégor rouge (vieux bastion du PCF, le Pays Briochin, ... La droite est plutôt concentrée sur le Goëlo et les marges est (frontalier de l'Ille et Vilaine), mais reste minoritaire. - La Loire-Atlantique a longtemps été dominée par la droite (qui a succédé à la Chouannerie, trés forte dans ce département), sauf dans la vallée industrialisée de la Loire qui vote à gauche depuis la révolution française. - L'Ille-et-Vilaine a longtemps été de droite ( surtout démocrate-chrétienne ), mais depuis le début du XXe siècle, la gauche (surtout le PS) a connu une très forte poussée qui l'a amenée à diriger le conseil général en 2004. La gauche se situe dans le bassin rennais, jusqu'à Combourg au nord, Dourdain a l'est, Mordelles à l'ouest et Guichen au sud, avec quelques poches le long de la frontière sud-ouest de la Manche ou vers le nord de Fougères ; la droite conservant ses bastions dans le Vitréen, le Redonnais, le secteur de Saint-Malo ou autour de la forêt de Paimpont Ce département a placé, lors des Présidentielles 2007, Ségolène Royal PS en tête aux deux tours de l'élection (28,13 % des suffrages exprimés au premier tour et 52,39 % au second).
La majorité de l’électorat montre un certain sentiment pro-européen non négligeable. Les votants ont approuvé le Traité de Maastricht par 59,10 % des voix (+ 8,06 % par rapport à la moyenne) et la Bretagne est l'une des rares régions à s'être prononcée en faveur du "oui" au Référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe avec un "oui" à 50,96 % (+ 5,63 % par rapport à la moyenne, mais - 8,14 % par rapport au référendum de 1992 sur le traité de Maastricht), les électeurs des Côtes-d'Armor étant les seuls à voter en 2005 pour le non comme la majorité des électeurs en France, à 53,28 %. modifier Régionalisme et nationalismeL'autonomisme est principalement représenté en Bretagne par l'Union démocratique bretonne (située à gauche avec une sensibilité écologiste marquée) qui dispose de 3 sièges au Conseil régional et participe à l'exécutif régional et qui recueille, selon les régions et les élections entre 3 et 12 % des voix, ainsi que, dans une moindre mesure, par le Parti breton (centriste) organisation qui compte dans ses rangs plusieurs élus municipaux. Il existe d'autres plus petits groupes, souvent plus radicaux, situés à droite ou à l'extrême-gauche, mais leur influence est beaucoup plus limitée. modifier La question de la capitale
Chateaux des ducs de Bretagne à Nantes
Longtemps la Bretagne n'eut pas de capitale définie. Les premiers ducs et leur cour changeaient perpétuellement de résidence, allant chasser d'une forêt à l'autre, et habitaient finalement assez peu en milieu urbain, sauf pour quelque motif stratégique ou politique. En ce cas, c'était presque toujours dans une ville de l'est ou du sud du duché. Les États de Bretagne se réunissaient en différentes villes. À l'époque ducale à Dinan, Nantes (17 fois), Ploërmel, Redon, Rennes, Vitré, Vannes (19 fois), Guérande. Le concept moderne de capitale naît avec la création d'une véritable administration, processus lent qui commence au XIIIe siècle. Le nombre de ses employés et la masse de ses archives la rendaient moins mobile que l'ancienne cour. Le Conseil, la Chancellerie et la Chambre des comptes restaient généralement en ville. Sous les Montfort, le Conseil (le gouvernement ducal) suivait parfois le duc d'une ville à l'autre, à Nantes, Vannes, Redon, Rennes, Fougères, Dol, Dinan, Guérande. Du temps où elle était siège archiépiscopal (jusqu'en 1199), Dol était « la métropole de Bretagne ». Elle gardait de ce fait la primauté sur les autres prélats bretons et l'évêque de Dol présidait les États en l'absence du duc et plus tard du gouverneur ou du commandant. Dol ayant été rattaché à son diocèse en 1790, l'évêque de Rennes obtint sous Napoléon III de relever son ancienne dignité archiépiscopale. Rennes était la ville du couronnement et ses habitants l'appelaient « ville capitale » pour cela. Conan le Tort y règne, faute de contrôler Nantes et Alain III y constitue un embryon de chancellerie. Il subsiste 14 actes ducaux écrits à Rennes de la fin du XIe siècle à 1166 pour témoigner de la présence active des ducs dans la ville, contre 16 actes subsistants sur ceux qui furent faits à Nantes pendant la même période. L'enfant Geoffroy II est reçu à la cathédrale de Rennes en 1169, mais c'est à Nantes qu'il reçoit l'hommage de ses vassaux. Il tient l’Assise du comte Geoffroy à Rennes en 1185. En 1196, la duchesse Constance réunit la noblesse en assemblée à Rennes pour faire reconnaître son fils Arthur Ier. Les Dreux et les Montfort y résidaient rarement et leur château s'était ruiné au point qu'on dut le démolir début XVe siècle. Saint-Brieuc menait déjà la contestation en 1235 par les « Réclamations générales des Bretons » que les vassaux de Mauclerc assemblés spontanément lui adressèrent sans ménagement. Pourtant les échecs des comtes de Penthièvre à l'accession au trône en 1212, 1364 et 1420 coûtèrent sans doute à Guingamp et Lamballe le rang de capitale administrative qu'elles auraient pu espérer partager avec Nantes, ce qui aurait modifié le point d'équilibre politique de la Bretagne au profit du nord. À l'abbaye de Prières se créé la Chambre des comptes sous le duc Jean le Roux, ses archives étant déposées à Muzillac tandis que le duc réside au château de Suscinio ou à celui de l'Isle. La capitale se trouve alors éclatée de la presqu'île de Rhuys à la basse Vilaine. Ploërmel, plus centrale que Rennes ou Nantes, et ses forêts giboyeuses, sont souvent préférées par Jean II et Jean III, qui y ont leur sépulture. Carrefour des voies menant aux villes les plus fréquentées des ducs, Redon vit se réunir les États dans ses murs et reçut les tombes de Prostlon (fille du roi Salomon), d'Alain Fergant, de François Ier et selon certaines traditions, de Nominoë. En 1203, les barons et les prélats bretons s'assemblent à Vannes pour attribuer le pouvoir à la duchesse Alix et à son père Guy de Thouars. Alors que Charles de Blois navigue de Nantes à Guingamp, Jean de Montfort tient Vannes durant l'essentiel de la guerre de succession, et la fidélité de cette ville à la cause de Jean IV lui vaut d’être faite capitale administrative par ce duc. Elle le reste en conservant le Conseil jusqu'en 1460 et la Chambre des comptes jusqu'à la fin du duché. Le Parlement y est créé au XIVe siècle. Il devient sédentaire et souverain en 1485. Il y siège jusqu'en 1553 et de 1675 à 1689 (en mesure de punition contre Rennes après la révolte du papier timbré). Jean V, comme Pierre II, réside surtout à Vannes et aux environs (Plaisance, La Garenne, Suscinio…) mais aussi à Nantes, Dinan, Auray, Hédé, Redon ou Rennes. Arthur II et les duchesses Jeanne de France et Ysabeau d'Écosse choisissent de s'y faire enterrer. La position stratégique, puis la prospérité de Nantes l’avaient fait choisir par de nombreux ducs dès Alain Barbetorte qui libéra la ville en 937 et décida d'en faire sa capitale. Le château du Bouffay devint la résidence ducale sous la dynastie cornouaillaise et Alain Fergent y réunit ses vassaux en 1008. Guy de Thouars s'occupa du nouveau château pour y résider plus à l'aise. C'est à Nantes que Jean de Montfort fonça se faire acclamer duc en 1341. Les derniers princes, Arthur III, François II et Anne y règnent aussi, plutôt qu'à Vannes. La Chambre des comptes y est transférée en 1492-1499 pour y rester jusqu'à la Révolution. L'Université y fut créée dans les années 1460. Alain Barbetorte, Jean IV, Pierre II, Arthur III et François II s’y font enterrer et Anne ordonne que son cœur fût placé dans un reliquaire et placé dans le tombeau de son père François II, aux Carmes. Les duchesses Constance, Alix et d'autres princes bretons furent inhumés dans les proches environs (abbayes de La Villeneuve, de Scouëtz). En 1532 le parlement de Bretagne devait se réunir alternativement dans les deux villes mais les préventions de la cour de France (à commencer par Catherine de Médicis) devant l'attachement des Nantais aux anciens privilèges de leur ville et de la Bretagne lui firent préférer Rennes à qui est attribué le siège du Parlement (de 1560 à 1675 et de 1689 à 1790), la faculté de droit, la résidence du commandant en chef puis celle de l'intendant. En écho à cette politique séculaire, la préfecture de région lui est assignée par la République. Nantes obtenant la préfecture de région des Pays de la Loire, constitué autour de cette ville par les départements voisins. Entre-temps en 1790 Pontivy avait été choisie pour réunir deux « fédérations », de préférence à Morlaix et Saint-Brieuc, à cause des orientations politiques de ses délégués et de la position géographique centrale de cette ville. Napoléon Ier envisagea de faire de Pontivy rebaptisée Napoléonville une capitale administrative centralisée sous tous aspects20. En conclusion, la tradition bretonne tout au long de son histoire a été de répartir les organes du pouvoir entre différentes villes au lieu de les concentrer en une seule. L'exécutif et le judiciaire étaient exercés depuis le triangle Vannes-Nantes-Rennes, à la guise des gouvernants et à la mode féodale. Le législatif était réuni dans presque toutes les villes bretonnes, malgré les contraintes, parce que le duc devait obtenir l'assentiment de ses vassaux sur les aspects de sa politique, notamment financière. Aujourd'hui, la Bretagne est pénalisée par l'absence d'une métropole régionale d'envergure européenne. Pour y remédier, les futuristes bretons rêvent d'une synergie Nantes-Rennes. La Bretagne dispose en revanche d'un réseau, unique en France, de vingt-cinq villes dites moyennes (10 000 à 20 000 habitants). modifier GéographieLa Bretagne est la région française qui bénéficie de la plus grande longueur de côtes. De Cancale à Pornic, le littoral se déroule sur 1 100 km, mais il double sa longueur si l'on inclut les nombreuses îles. On distingue traditionnellement les régions côtières (Ar Vor, c'est-à-dire « la mer » en langue bretonne) des régions centrales (Ar Goad, « la forêt » en breton). Bien que peu élevé, le relief est partout très marqué dans les zones rocheuses, plus doux dans les zones limoneuses de l'est et du sud. modifier ClimatLe climat est extrêmement doux, surtout le long des côtes, avec des différences de températures entre l'été et l'hiver d'environ 15 °C. Cependant ces différences de températures varient en fonction de la proximité du littoral. Le vent de nord-ouest (noroît en français, gwalarn en breton) domine au nord. Malgré les préjugés, le climat Breton n'est pas "pourri". Les jours de précipitations sont un peu plus fréquent que la moyenne française mais les cumuls, assez variables d'une région à l'autre, restent dans la moyenne comparés au niveau national. Les monts d'Arrée, malgré un relief peu marqué, est à distinguer puisque les précipitations augmentent sensiblement. Sur le littoral sud, de Lorient à Pornic, l'ensoleillement annuel est supérieur à 2 000 heures par an21. modifier PaysageLa végétation est abondante. Autrefois la Bretagne était un pays de bocage ; la réorganisation des parcelles dans les années 1960 (le remembrement) a éliminé une grande partie des haies bordant les champs, permettant de moderniser l'agriculture mais entraînant un lessivage de la couche superficielle des champs. Ce remembrement s'est fait à plus basse échelle que dans de nombreuses plaines céréalières de la France (Beauce, Champagne...). modifier Démographiemodifier Environnementmodifier AvifauneLa Bretagne présente une exceptionnelle richesse ornithologique. Quatre grands sites permettent d'observer des colonies d'oiseaux. Accessible de mai à septembre, la réserve de Falguérec, dans le golfe du Morbihan, est une zone protégée pour les oiseaux migrateurs, nicheurs ou endémiques. A l'automne, bernaches et spatules y font une halte sur le chemin de l'Afrique. De mars à septembre, les échassiers viennent s'y reproduire avant de partir pour le Sénégal. Aigrettes, hérons, cormorans vivent là toute l'année. Guillemots et pingouins se rassemblent quant à eux, sur les falaises de la réserve ornithologique du cap Sizun, près de la pointe du Raz (ouverte de mai à la Toussaint). Fragile et touchée à plusieurs reprises par les marées noires, la réserve des Sept-Iles, au large de Perros-Guirec, est désormais interdite au public. Mais un système de transmission vidéo permet d'observer les six mille fous de Bassan, huitriers-pies et autres fulmars depuis la station de l'île-Grande. modifier TransportsTant que les liaisons maritimes ont prévalu sur les liaisons terrestres, la position de la Bretagne, passage et escale obligée au milieu de la façade atlantique de l'Europe lui a valu une certaine prospérité. Mais elle a souffert de son isolement géographique principalement lors du XXe siècle. En effet, le fait d'être positionné sur un nœud de transport est un facteur essentiel du développement des infrastructures. La mise en place durant les années 1970 du Plan Routier Breton (PRB)22, impulsé par le Général de Gaulle, allait considérablement désenclaver la région grâce à 10 045 millions de francs d'investissement sur 25 ans23. Plus de 1 000 km de voies à 2 couloirs de circulation dans chaque sens ont été réalisés ou sont en cours de réalisation, multipliant par quatre le trafic routier breton ; ces voies sont exemptes de péage24,25. Principaux axes :
Le réseau ferré est organisé en étoile autour de Rennes, reliée à Paris par la ligne à grande vitesse Atlantique et bientôt la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire, ou par la voie classique Paris - Chartres - Le Mans - Laval - Rennes. Les principales liaisons sont :
Les lignes secondaires relient :
Article détaillé : TER Bretagne modifier Productions économiquesLa pêche et les industries connexes, la construction navale civile et militaire (Brest, Lorient), la construction aéronautique (St-Nazaire et Nantes), le tourisme (surtout estival et côtier) formaient déjà les principaux secteurs de l'économie bretonne de la première partie du XXe siècle. L'économie de la Bretagne contemporaine s'est tournée dans les années soixante vers une agriculture (primeurs...) et un élevage (porcin, avicole, bovin) intensifs, vers l'industrie agroalimentaire, la construction automobile (Citroën), le tourisme estival sur la bordure côtière, la grande distribution (E. Leclerc, Intermarché) et quelques pôles technologiques avancés à Brest, Rennes et Lannion. La Bretagne est leader pour la production française de porcs et de volaille (autour de 50 %), de choux-fleurs (autour de 60 %), d'artichauts (autour de 85 %), de paquebots (100 %). Elle est première pour la production laitière. modifier Culturemodifier ReligionBien avant les Celtes, les populations néolithiques ont érigé les menhirs, les cairns et tumuli, dont il nous reste les dolmens et les allées couvertes. Ces derniers avaient un usage funéraire et cultuel avéré. La fonction des menhirs reste encore hypothétique mais on leur attribue désormais un usage de marqueur territorial associé à des fonctions religieuses. La religion druidique s'est répandue avec l'arrivée des Celtes, notamment en Gaule et dans les îles Britanniques. La domination de la péninsule par les Romains a amené comme partout en Gaule, mais avec moins d'emphase, la construction de nouveaux lieux de culte dont certains sont restés observables en élévation (Temple de Mars à Corseul) et de statues du panthéon romain (Douarnenez, Corseul), quoique l'invention de plusieurs statues de type celtique indique la permanence des cultes précédents. À la fin de l'époque gallo-romaine, les populations bretonnes, venues de l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne) ont accentué l'implantation d'une nouvelle religion : le christianisme, qui a supplanté progressivement les anciennes croyances. Cependant, le paganisme a côtoyé pendant des siècles la religion dominante, plus ou moins paisiblement. Aujourd'hui encore, nombre de légendes et de traditions locales évoquent des pratiques druidiques. Malgré la faible implantation protestante en Bretagne (Blain, Vitré...) mais après les grands désordres de la Ligue, les pères Le Nobletz, Maunoir et Huby devinrent les figures emblématiques de la Contre-Réforme en Bretagne. Ils furent aussi à l'origine de l'usage d'images peintes de grand format — les taolennoù ou « tableaux de mission » — pour illustrer leurs prêches au cours d'innombrables missions qui se poursuivirent jusqu'en 1957 en terre bretonnante, le Léon formant le pivot de leur succès. Les chrétiens de Bretagne sont très majoritairement catholiques. La sainte patronne de la Bretagne est sainte Anne (surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons), que des textes apocryphes et la Légende dorée de Jacques de Voragine présentent comme la mère de la Vierge Marie et donc la grand-mère de Jésus26. Le saint le plus vénéré est saint Yves (Erwan en breton) (1253-1303), prêtre et juriste qui consacra sa vie à défendre et soigner les pauvres. (Voir Saints bretons). La plupart des saints bretons ne figurent pas sur les listes pontificales parce qu'ils furent faits saint par l'onction populaire antérieurement à la réservation au seul pape du droit de canonisation en 1234, et loin de Rome. Dans la plupart des paroisses, une fois par an, les croyants se rendent au « pardon », la fête du saint de la paroisse. Le pardon commence souvent par une procession, suivie ou précédée d'une messe. Cette fête a toujours un côté païen, avec des échoppes proposant nourriture ou souvenirs. Le plus célèbre pardon est celui dédié à saint Ronan, à Locronan, avec sa procession de 12 km, la « troménie » (du breton tro minic'hi, le tour de l'asile sacré du monastère)27, avec de nombreuses personnes en costume traditionnel. Le plus grand est celui dédié à sainte Anne (voir déesse celte Ana) à Sainte-Anne-d'Auray dans le Morbihan. Il faut citer un pèlerinage attesté depuis le Moyen Âge, le Tro Breizh (le tour de Bretagne), où les pèlerins se rendent successivement sur la tombe de chacun des sept saints fondateurs de la Bretagne :
Ces lieux sont devenus par la suite, les sièges d'évêchés bretons, auxquels il faut adjoindre les diocèses de Nantes (Naoned) et de Rennes (Roazhon), pour constituer les 9 diocèses historiques de Bretagne (qui furent pour la plupart supprimés en 1790) Historiquement, le Tro Breizh se faisait en une fois (environ 600 kilomètres). Aujourd'hui il se fait en plusieurs années. En 2002, le Tro Breizh s'est déroulé au Pays de Galles, faisant symboliquement à l'envers le voyage des Gallois saint Paol, saint Brieuc et saint Samson. C'est un des rares pèlerinages circulaires au monde. Comme ailleurs, mais dans une moindre mesure, la pratique religieuse a décliné fortement ces trente dernières années, les vocations sont devenues rares et les églises se sont vidées, sauf les dimanches et jours de fête. La Bretagne reste une région fortement attachée à la religion à travers de nombreux pèlerinages et traditions bretonnes que l'Église contribue localement à perpétuer. modifier LanguesLa Bretagne est composée historiquement de deux aires linguistiques :
Le français est également parlé en Bretagne par les élites depuis la fin du Moyen Âge, puis petit à petit en | |||||||||||||||||||||||||||||||||