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Bourreau tranchant la tête d'une condamnée (Exécution de Léonora Galigaï, 1617)
Un bourreau est un officier[réf. nécessaire] chargé d'exécuter les décisions de justice, quand elles consistent en des peines corporelles, et notamment la peine de mort.
modifier HistoriqueEn France, sous l'Ancien Régime, chaque province, voire chaque ville, possédait son bourreau. Ainsi, les modes d'exécution et les techniques utilisées différaient d'une région à l'autre. Les conditions de vie des « exécuteurs des hautes œuvres » (comme ils étaient parfois nommés) n'étaient guère enviables. À la fois craint et méprisé, le bourreau était souvent contraint de résider en dehors des villes, vivant en paria et exerçant fréquemment des métiers en rapport avec les cadavres et la mort (équarisseur, croque-mort, fossoyeur, etc.). Toutefois, il n'était pas rare que les seigneurs leur octroient le fruit de certaines taxes municipales, ce qui améliorait nettement leurs revenus. Face à cet ostracisme forcé, de véritables dynasties de bourreaux purent ainsi voir le jour (comme les Sanson, les Férey, les Deibler, les Rogis, les Pierrepoint, les Reichhart, etc.). Cependant, dans certains pays, comme au Royaume-Uni ou au Canada, on désignait parfois le bourreau parmi les membres d'une paroisse, même si cela n'était pas son métier d'origine. Dans certaines villes anglaises, au Moyen Âge, la charge d'exécuteur revenait même spécifiquement aux jeunes mariés. modifier En France depuis la révolutionLa loi du 13 juin 1793 établira d'abord une équipe d'exécuteurs par départements. Puis, une réduction drastique des effectifs interviendra en 1848 qui réduira leurs nombres à une équipe par ressort de cour d'appel. Le décret d'Adolphe Crémieux du 25 novembre 1870, finira par uniformiser la charge en supprimant les bourreaux de province, ne laissant plus qu'un seul « exécuteur en chef » pour tout le territoire national, assisté par cinq "aides" (2 adjoints de 1re classe et 3 adjoints 2e classe). Seul le bourreau de Corse restera en fonction jusqu'en 1875. L'Algérie, alors française, gardant quant à elle, une équipe d'exécuteurs qui lui sera propre, jusqu'à l'indépendance du pays. Très vite, le statut de bourreau évolua pour devenir, selon la terminologie officielle : Exécuteur en chef des arrêts criminels. Il ne fut pas fonctionnaire, mais « agent contractuel de l'État ». Son existence était semi-légale, aucun texte ne définissait sa charge ni ses attributs, et ses talents ne firent l'objet d'aucune définition rigoureuse. Sa fonction ne paraissait pas sur les comptes de la nation, il ne percevait donc pas de salaire, mais des gages versés par le Ministère de la Justice. Selon des estimations, un « exécuteur en chef » gagnait moins qu'une secrétaire, et ses « aides », moins que des balayeurs. Ainsi, le salaire de Marcel Chevalier, dernier exécuteur en chef, était en 1979 de 40 833 francs annuels, soit l'équivalent de celui d'un ouvrier d'administration ou d'un employé de bureau. Mais il ne s'agissait pas de son métier prinicipal, élu « meilleur ouvrier de France dans sa jeunnesse », Chevalier disait lui-même « je travaille deux fois ». Quant à la transmission de la charge, elle se faisait toujours par cooptation (en France comme à l'étranger), prilivilégiant les liens familiaux, survivance du système dynastique en vigueur depuis des siècles dans la profession, même si, selon Jacques Delarue, les candidatures spontanées ne manquaient pas auprès du Ministère de la justice. À défaut de filiation familiale, l'administration en la personne du Directeur du Département des arrêts criminels du Ministère de la justice utilisait la règle de l'ancienneté parmi les adjoints pour désigner le nouvel « exécuteur en chef ». modifier Aux États-UnisEn anglais, le terme de « bourreau » se traduit « executionner » : celui-ci est abusivement employé pour désigner la totalité des personnes qui participent à l'exécution capitale (personnels médicaux et pénitentiaires) alors qu'il n'est sensé s'appliquer qu'à celui qui donne la mort au sens strict du terme. Les exécutions sont généralement supervisées par le directeur de la prison qui recrute tous les autres personnels et s'occupe de la communication avec les médias. Un ou plusieurs personnel médicaux (dont le métier est de faire des prises de sang sans être medecin ni infirmier) sont chargés de préparer les produits, de planter l'aiguille et de vérifier l'inconscience puis la mort. L'exécuteur se trouve dans une salle voisine, il est dissimulé par un miroir sans teint comme ceux des commissariats de police et pousse les seringues le moment venu.
modifier En Arabie SaouditeMuhammad Saad al-Beshi, 42 ans à l'époque, a accordé une rare interview en 2003 à la BBCNEWS[9]. Il y explique qu'il a débuté comme exécuteur en 1998 et qu'il était particulièrement stressé ce jour-là car les exécutions ont lieu en public ; il déclare également qu'il est aujourd'hui le père comblé de sept enfants, qui l'aident régulièrement à nettoyer son sabre sanglant. Il est presque sûr que son fils aîné va lui succéder dans sa profession qui l'amène à administrer des coups de fouet et à procéder à des démembrements de mains ou de pieds. Il ne compte plus depuis longtemps ses exécutions et, en général, il va voir la famille de la victime du condamné pour déculpabiliser peu avant l'exécution (sauf pour les trafiquants de drogue et les "sorcières", car il n'y a pas de victime). La loi interdisant de décapiter les femmes, lorsqu'il doit en tuer une, il utilise une arme à feu, "pistolet ou fusil, ça dépend de ce que j'ai sous la main". Son métier ne semble pas un problème pour sa vie sociale : "j'ai beaucoup d'amis à la mosquée", déclare-t-il. modifier Bourreaux célèbresmodifier En Allemagne
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modifier Voir aussi
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