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Les Berbères ou Imazighen sont un ensemble d'ethnies autochtones d'Afrique du Nord ayant ou non des points communs entre elles (langues, habillements, coutumes, musiques, organisations sociales, origines ethniques, etc.) selon l'espace géographique où elles vivent. Dans l'antiquité, les Berbères étaient connus sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes et Numides. Les plus connus d'entre eux étaient l'auteur romain Apulée, l'empereur romain Septime Sévère, et saint Augustin8.
modifier Répartition géographiqueLes Berbères sont répartis sur près de cinq millions de kilomètres carrés — depuis le Maroc jusqu'à l'ouest de l'Égypte (Siwa) — en différents groupes, ayant une culture et une langue commune (le berbère ou tamazight), déclinée en plusieurs dialectes locaux. Cette partie de l'Afrique du Nord a longtemps été désignée en français par le terme de Berbérie ou Barbarie. Dans les régions subsahariennes, il ya plusieurs berbères comme le Mali, le Niger, etc. Le Sénégal est composé des Sanhadja tribu berbères9. Les données sont pas exactes, mais approximatives , selon Frédéric Deroche et Julian Burger2 :
Selon Francis Manzano et Fernande Krier6 réf. à confirmer : :
modifier Diaspora BerbèreLes Berbères sont également et largement représentés dans les populations issues de l'immigration en Europe, notamment dans les pays comme la France (tel Zinedine Zidane) 12, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada13. modifier HistoireDurant l'ère pré-romaine, plusieurs États indépendants se succédèrent (Massaesyles, Massyles, Maures, etc.) avant que le roi Massinissa14 n'unifie la Numidie15,16,17. D'après les historiens du Moyen Âge, les Berbères se divisent en deux branches, les deux sont issues de leur ancêtre Mazigh. Les deux branches Botr et Barnès se seraient elle-mêmes subdivisées en tribus et auraient Medracen comme ancêtre ; chaque région du Maghreb étant constituée de plusieurs tribus. Les grandes tribus ou peuples berbères sont Sanhadja, Houaras, Zénète, Masmouda, Kutama, Awarba, Berghouata, Zouaouas, etc. Chaque tribu est décomposée en des sous-tribus. Toutes ces sous tribus ont une indépendance territoriale et décisionnelle18. Plusieurs dynasties berbères ont émergé pendant le Moyen Âge au Maghreb, au Soudan, en Andalousie, en Italie, Au Mali, au Niger, au Sénégal, en Égypte, au Portugal, etc. Ibn Khaldoun fait un tableau résumant les dynasties au Maghreb dont les Dynasties berbères Zirides, Ifren, Maghraoua, Almoravide, Hammadides, Almohade,Mérinide,Abdalwadides, Wattassides, Meknassa , Hafsides,etc19. De plus, plusieurs chefs (Arabe et Perse) avaient des épouses berbères comme Idris , Ibn Rustom, etc. Ce qui donnera par la suite les dynasties Idrissides, Rostémides, etc. La dynastie Ifrenides des (Banou Ifren) a été reconnue comme étant la seule dynastie qui a défendu les Africains dans le Maghreb. 20 Les Almohades ont pu faire l'unification du Maghreb. Et les berbères du Moyen Âge ont contribué à l'arabisation du Maghreb, ce qui est un fait historique21. En revanche, lors de la dynastie des Zianides de Tlemcen, l'identité et la langue berbère étaient le centre d'intérêt du roi Yghomracen Ibn Zyan22. Actuellement, la plupart des Berbères sont sédentaires. Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parlé berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les Habitants du Ouarsenis ( Banou Ifren et Maghraoua), etc. Au Maroc, on trouve les Rifains, les Chleuhs, les Béni-Snassen, les Awarba, les Zayanes, etc. En Lybie, on trouve les Yafran, etc. En Tunisie, Il y a les habitants de Djerba, etc. En Espagne, il y a les habitants de l' Îles Canaries. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. L'ensemble des ethnies berbères est appelé par Imazighen (le pluriel d’« Amazigh »), et l'espace géographique nord-africain par Tamazgha. modifier Les conflits Berbères
Les Almohades, après avoir évincés les Almoravides, ils vont en guerre contre les chrétiens en Andalousie
. Pendant l'Antiquité, les Berbères se disputaient le pouvoir entre eux. Massinissa et Syphax se faisaient la guerre punique, l'un avait la Numidie occidentale et l'autre la Numidie orientale. Massinissa gagne la bataille , mais le fils de Syphax, Vermina, reprend la guerre contre Massinissa. Massinissa était allié des Romains et Vermina était avec les Cartaginois. Vermina demande la rémission à Rome. À la fin, Massinissa réussit à hunier la Numidie. Après Micipsa, une lutte interne entre les petits-fils de Massinisa se déclenche pour la succession. Jugurtha tue Adherbal pour la prise du pouvoir de la Numidie. Jugurtha rompe avec les Romains. Mais Bocchus, beau père de Jugurta, capture et livre Jugurtha aux Romains. Au Moyen Âge, au Maghreb central, la plus puissante tribu berbère était des Banou Ifren23. Les Banou Ifren après servies la Dihya. En 745, les Banou Ifren choisissent le dogme sufrites (Kharijites) et désignent Abou Qurra comme Calife . Ce dernier sera à la tête d'une armée composée de 350.000 cavaliers berbères, il reprend le Maghreb aux deux puissantes dynasties les Omeyades et les Abbassides, revient à Tlemcen après que Yazid- Ibn- Haten brise la coalition berbère. Le premier conflit important berbère au VIIIe survient24. Les Banou Ifren avaient 40.000 cavaliers dans cette guerre. Abou Qurra a pu unir tous les Berbères 25. Par la suite, les Berbères se sont divisés en deux parties distingues l'une de l'autre26. Cette division a créé un grand conflit entre les Sanhadjas et les Zénètes. Ce conflit a débuté au Maghreb et c'est transposé en Andalousie. Les Sanhadja (chiite) ont attaqué les Zénètes Kharidjites(Banou Ifren, Maghraoua, etc). Ce qui a donné au premier temps une séparation territoriale entre les deux tribus berbères27. Les Zénètes seront amenés à se déplacer vers l'Ouest du Maghreb et au Sud par les Zirides ( tribu des Sanhadja et chiite)28. Cependant, plusieurs tribus des Banou Ifren et des Maghraouas se sont ralliées aux Fatimides dans ce conflit complexe29 qui n' est ni de religions et ni de race, d'après Yves Lacoste, André Nouschi et André Prenant. D'autres parts, plusieurs Fatimides ont changé de camps pour s'engager du côté Omeyades30. Alors que d'autres disent que c'est le pouvoir et la religion qui sont les sources des conflits des Berbères 31. Les Sanhadja se divisent pour former deux dynasties distinctes (les Zirides(chiite) et les Hammadides(sunnite)). Les Zénètes, eux aussi sont divisés sur la question de pouvoir, trois dynasties sont formées Banou Ifren, Maghraoua et Meknassa. Une lutte acharnée au pouvoir des tribus Zénètes est signalée par Ibn Khaldoun. Ensuite survient le deuxième plus important conflit entre les Almoravides ( tribu des Sanhadja et sunnite Malékites) et les Zénètes. Après la défaite des Zénètes à l'Ouest du Maghreb par les Almoravides, les Zénètes qui restent en vie et minoritaire par rapport aux Sanhadjas sont confrontés dans une guerre contre une alliance Hammadides- Hilaliens32. Les Almohades (qui signifie unifacteur , les Almohades s'opposent au Malékisme) défont les Almoravides tribu des Sanhadja. Les Almohades étaient composés des Masmouda . Le fondateurs du mouvement religieux est Ibn Tûmart de la tribu Masmouda ; son discipleAbd al-Mumin de la tribu Zénète prit la tète des Masmouda et deviendra le premier calife Almohade. Un premier conflit apparait dans la grande famille des Masmoudas, les Almohades détruisent les Berghouata. Puis, un deuxième conflit surgit entre deux fractions des Masmouda, ce qui provoque une guerre entre les Almohades et les Hafsides.33 Après le massacre des Zénètes vers le XIesiècle, et suite au déclin des Almohades, trois dynasties Zénètes vont surgir au Maghreb et en Andalousie ( les Mérinides, les Zianides et les Wattassides)34. Les deux dernières dynasties berbères Zénètes se font la guerre, les Zianides contre les Mérinides (ils adoptent un nouveau Malékisme)35). Les Mérinides sont refoulés au Maroc actuel par les Banou Ifren qui reprennent Tlemcen grâce aux Hafsides en 143736. Les dynasties berbères sont achevées par l'arrivée des Espagnoles, des Ottomans et par la suite des Français. Depuis ces conflits, les Berbères sont séparés dans leur profond, ce qui a mené à la création de plusieurs tribus qui n'ont aucun lien commun ni dans la langue, ni dans la tradition, ni dans l'espace géographique, ni dans la religion ,ni dans les moeurs, etc., au Maghreb, en Andalousie, au Sahel africain37. Le conflit entre Sanhadja et Zénètes est le plus important dans l'histoire des Berbères et a été révélé par tous les historiens du Moyen-Âge et contemporains ( Ibn Khaldoun, Ibn Hazm, Émile Félix Gautier, Gabriel Camps, Rachid Bellil, etc.). Du coup, quelques historiens comme Émile Félix Gautieret Gabriel Camps entre autres , ils tirent des conclusions et des thèses de ce conflit majeur. Ces thèses seront contrdites par certains historiens contemporains comme Rachid Bellil, Benabou, Potiron, etc. Ces derniers rejoignent l'approche historique d' Ibn Khaldoun 38. modifier Berbères au pluriel
Carte de l'Empire Almoravides
Plusieurs nations sont venu partager le mode de vie des Berbères. Selon Salluste, les Maures faisaient partie de l'armée d'Hercule venus d'Espagne39 composé des Perses, d'Arméniens, et de Mèdes.40 Ils se sont mêlés aux populations autochtones Gétules du Maghreb actuel. Ils se sont installés dans les montagnes du Maroc et aux Aurès en Algérie et en Libye. Il s'ensuit plusieurs ethnies qui se sont fondues dans les tribus berbères comme les Phéniciens, les Vandales, les Juifs, les Byzantins, les Romains, les Arabes, les peuples d'Afrique, les Européens, les Turcs, etc. 41 42 modifier Domination des Berbères dans l'Afrique noire et en Andalousie
Carte de l' Empire songhaï
Carte historique de la péninsule Ibérique présentant l'époque des taifas et les petits royaumes chrétiens émergeants. Quelques taifas étaient berbère comme les Zirides et les Banou Ifren, etc.
L' Empire songhai, des Sonrhaïs, fut fondé à Koukia au VIIe siècle par le chef berbère Za el-Ayamen 43, qui fuyait devant l'invasion arabe. Il s'étend sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuel. Les Zirides prennent le Sud de l'Italie avec l'aide des Fatimides et une partie de l'Égypte. Les berbères avaient des États indépendant en Andalousie à l' époque des taifas. L'Andalousie est prise par les Almoravides et ensuite par les Almohades et à la fin par les Mérinides. modifier Étymologiemodifier Étymologie du mot berbère
Septime Sévère, d'origine Berbère, il a été empereur de Rome
L'usage du terme s'est répandu à la période suivant l'arrivée des Vandales lors des grandes invasions. Qualifiés de « Barbares » par les Romains, en Afrique romaine, et en provenance de la péninsule Ibérique où leurs campements furent soumis aux attaques répétées des Romains. Sur les hauteurs à l'Est de la Numidie fut assemblée la coalition numido-vandale, qui prendra Carthage et supprimera l'influence de Rome sur toute l'Afrique. Le récit du Consul romain en Afrique fit référence pour la 1re fois du terme de « Barbare » pour décrire les Numides. Les historiens Arabes, quelque temps après, vont les nommer Berbères.45 modifier Étymologie de mot ImazighenLe mot désigne l'ancêtre Amzigh, d'après Ibn Hazm et Ibn Khaldoun. Amazigh est le patriarche du peuple berbère dans la généalogie, qui a été établie par ces deux éminents historiens . 46. L'équivalent en berbère est Imazighen (Imaziγen), pluriel de amazigh, signifiant « homme libre ». Le terme amazigh/imazighen a été perdu chez certaines ethnies berbères mais est resté présent chez des berbères du Maroc et chez les touareg47. L'utilisation de ce terme a été ravivée à partir des années 1940 avec l'émergence du mouvement berbériste Kabyle48. Ces termes, et leurs néologismes, se sont généralisés et ont été adoptés par les Berbères. modifier Origines
Saint Augustin d'origine Berbère, Il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l’Église
La question de l’origine des Berbères s’est posée tout le long de l’histoire de l’Afrique du Nord. Même si aujourd'hui la plupart des auteurs pensent que les Berbères sont soit les descendants d’une population autochtone apparue in situ en Afrique du Nord, de culture paléolithique Ibéro-maurusienne (-16 000 ans), puis mésolithique caspienne, soit les descendants de populations orientales ayant migré dans cette région durant la transition néolithique (-9 500, -7 000 ans)49, cette origine a suscité d’énormes débats et d’innombrables théories au cours des siècles. Les récits de l'Antiquité et du Moyen Âge s'appuyant sur des récits bibliques, coraniques, ou sur les hadiths, ou de références historiques comme Ibn Khaldoun, ou helléniques comme Salluste, donnaient à ce peuple une origine perse, égyptienne et sémite, puis au XIXe et XXe siècle plusieurs auteurs lui attribuèrent une origine européenne et nordique. modifier Récits de l'Antiquité et du Moyen Âgemodifier Selon SallusteSalluste consacra les chapitres XVII et XIX de son ouvrage La Guerre de Jugurtha à une digression sur le pays de l'Afrique du Nord et ses habitants, d'après les traditions numides et les livres puniques du roi Hiempsal II. Après une description du pays — limites, climat, faune et flore —, l'historien présente les Gétules et les Libyens comme les premiers habitants de l'Afrique, « rudes, grossiers, nourris de la chair des fauves, mangeant de l'herbe comme des bêtes. » Le demi-dieu Hercule mourut en Espagne selon la « croyance africaine », et son armée composée de divers peuples se démantela. Les Mèdes, les Perses, les Arméniens de son armée passèrent par bateau en Afrique et s'établirent sur la côte. Les Perses s'établirent à l'Ouest, « plus près de l'Océan », habitant dans les coques renversées de leurs bateaux, faute de matériel de construction. Ils s'allièrent par mariage avec les Gétules. Conduits à se déplacer sans cesse, ils se donnèrent le nom de « Nomades » (Numides). Salluste tient pour preuve de ce récit les habitations des paysans numides, rappelant celles des coques renversées de l'armée d'Hercule. Les Mèdes et les Arméniens s'unirent aux Libyens. Ils « bâtirent des places fortes » et « pratiquaient des échanges commerciaux avec l'Espagne ». Altérant le nom des Mèdes, les Libyens indigènes se seraient mis à les appeler Maures. Par la suite, les Perses et les Gétules grandirent en puissance et s'installèrent à l'Ouest de Carthage sous le nom de Numides. Enfin, ils annexèrent la Libye. La presque totalité du Nord de l'Afrique fut annexée par les Numides, « les vaincus se fondirent avec les vainqueurs, qui leur donnèrent leur nom de Numides ». modifier Selon HérodoteHérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens. modifier Selon Ibn Khaldoun
Ibn Khaldoun, photo du Buste d'Ibn Khaldoun à Tunis , Il a consacré sa vie à l'étude de l'histoire des Berbères
Ibn Khaldoun (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à Mazigh fils de Canaan. D'après lui, ils descendent de Canaan, fils de Cham. Ibn Khaldoun fait une étude comparative des différents généalogistes arabes et berbères existant bien avant lui et tire sa propre analyse sur l'origine des Berbères. Dans son livre sur l'histoire des Berbères, Ibn Khaldoun cite presque tous les travaux déjà faits sur la généalogie ancienne. 50. Ibn Khaldoun désigne deux grandes familles: Madghis( Medghassen ) et Barnis.50 modifier Selon Ibn HazmIbn Hazm fait remonter les berbères à un groupe ayant vécu au Yémen. modifier XIX-XXe siècleLe premier auteur a avoir évoqué l'origine nordique des Berbères fut Thomas Shaw dans son ouvrage Travels or Observations Relating to Several Parts of Barbary and the Levant publié en 1738. Selon lui, les berbères blonds descendaient des Vandales de Genséric, retirés dans les montagnes après qu'ils eurent été défaits par Bélisaire. Un siècle plus tard un autre texte fondateur de l'origine nordique des Berbères fut l'article de Laurent-Charles Féraud intitulé Monuments dits celtiques dans la province de Constantine publié en 1863 ou il suggérait que les Berbères blonds descendaient des gaulois mercenaires de Rome, à cause de la présence des Dolmens en Algérie. Par la suite, le docteur Lucien Bertholon, qui consacra sa vie à l'anthropologie berbère, même s'il n'en continuait pas moins à affirmer l'origine Nordique des Berbères, en fit les descendants des peuples égéens53. Contrairement à ces auteurs, l'anthropologue italien Giuseppe Sergi ne pensait pas que les Berbères provenaient du Nord, mais au contraire, que les Nordiques provenaient du Sud. Pour Sergi, il existait une race méditerranéenne, originaire d'Afrique, dont était issue la race nordique; cette race méditerranéenne étant elle même issue des Chamites, qui occupaient le nord de l'Afrique54. Les théories de l'origine nordique de Berbères furent reprises, dans la première moitié du XXe siècle, par certains auteurs allemands. Ainsi Hans Günther55, raciologue du Troisième Reich, ou encore Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme considéraient les Berbères comme descendants des peuples Aryens atlanto-nordiques56. Pour Henri Vallois en 1944 il était également certain que les « Berbères Blonds » appartenaient à la race nordique57. Pour certains savants, comme Armand de Quatrefages et Ernest Hamy dans un ouvrage de 1882, les Kabyles d’Algérie seraient les descendants à peine modifiés de l’homme de Cro-Magnon58. modifier Recherches modernesActuellement, plusieurs études — génétiques, anthropologiques et linguistiques — sont menées : des datations au carbone 14 sur d'anciens fossiles, des tests génétiques sur les populations modernes, mais aussi sur des ossements, et enfin des études comparatives entre la langue berbère avec les autres langues sont les moyens utilisés. Ces études génétiques ainsi que les écrits d'historiens tel Gabriel Camps et Charles-André Julien tendent à prouver que les Nord-Africains actuels (arabophones ou berbérophones) descendent des Berbères. modifier Selon les théories génétiquesLes Berbères sont géographiquement et génétiquement intermédiaires entre les populations européennes (composante majeure) et les populations sub-sahariennes (environ 20 % de contribution)59. Le chromosome Y est transmis de père en fils, l'étude des polymorphismes présents permet en théorie de suivre la lignée mâle — directe — d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des Nords-Africains berbérophones et arabophones ont le chromosome Y E3b2 (m81) et J* (respectivement 42 % et 20 %) d'origine majoritairement néolithique60. L'haplogroupe E3b2 est spécifique aux Berbères et voit sa fréquence décroître d'Ouest en Est. Cet haplogroupe est absent de la plupart des pays d'Europe sauf en Europe du Sud (Portugal, Espagne, Italie, France) ou sa fréquence dépasse les 10 % dans certaines régions d'Espagne et du Portugal. Ces chiffres pouvant s'expliquer par la longue présence musulmane dans la péninsule ibérique et dans une moindre mesure en Italie et dans le sud de la France61. En France sa fréquence est de 3,5 % de la population62. Son origine est l'haplogroupe E3b d'Afrique orientale qui date de 10 000 ans63. L'étude la plus récente et la plus complète sur le Chromosome-Y au Portugal conclut que « les données concernant l'Adn Mitochondrial et le chromosome-Y indique que la présence des Berbères dans ce pays est antérieure à l'invasion Maure de 711 […] Nos données indiquent que les Berbères, contrairement aux immigrants sub-Sahariens, ont constitué une communauté de longue durée et continue dans le pays. »64 L'haplotype V, caractéristique des populations berbères, se retrouve très fortement en Espagne (>40 % en Andalousie), au Portugal (36 %) en Catalogne (12 %), au Pays basque (11 %), en Italie et dans le sud de la France (11 %)65. D'après la NCBI, ceci étant la conséquence66 des huit siècles de domination musulmane en Espagne et au Portugal entre les VIIIe et XVe siècles. L'ADN mitochondrial étant essentiellement transmis de mère à fille, son étude génétique permet de suivre la lignée maternelle — directe — d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des Berbères ont un ADN mitochondrial d'origine ouest-eurasienne67. La lignée maternelle directe des Berbères la plus ancienne date du paléolithique (30 000 ans avant notre ère) représentée par l'haplogroupe U6 (d'origine ouest-eurasienne)68. Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et sa fréquence s'accroît quand on va à l'Ouest. L'ADN autosomal permet de déterminer l'affinité génétique de certaines populations humaines par rapport à d'autres. À l'exception des Touaregs, la majorité des Berbères sont génétiquement plus proches des Européens et des Moyen-Orientaux que des autres populations humaines — les Touaregs se situant dans une position intermédiaire entre les sub-sahariens et le reste des Berbères69,70. Selon C.Coudray « la proximité génétique entre le nord de l’Afrique et les groupes sud-ouest européens conduisent à l’hypothèse d’une origine commune entre ces populations ». Deux hypothèses sont actuellement discutées (Barbujani et al, 1994 ; Myles et al., 2005). Cette origine commune pourrait soit dater du Paléolithique Supérieur avec l’expansion d’Hommes anatomiquement modernes depuis le Proche-Orient et s’étendant le long des deux rives de la Méditerranée (Straus, 1989 ; Ferembach, 1985) soit de la diffusion Néolithique depuis le Proche-Orient, il y a 10 000 ans av. J.-C. (Ammerman et Cavalli-Sforza, 1984). modifier Anthropologie
Mechta el Arbi a été trouvé près de Constantine
Au Paléolithique, vivait l'homme de Taforalt et celui d'Afalou : ils étaient de type « cromagnoïde »71. Des tests génétiques sur les squelettes de Taforalt ont confirmé l'origine ouest-eurasienne de ce type anthropologique72. Au Néolithique, selon M.C. Chamla, l'Afalou fut remplacé par le Capsien de type « méditerranoïde » venant de l'est de la Tunisie. La culture capsienne est souvent décrite comme proto-berbère73. D'un point de vue anthropologique74, la population nord-africaine présente des affinités avec les populations de l'Ouest méditerranéen (Italiens du Sud de la péninsule, Espagnols, Corses, Sardes, Provençaux et Languedociens) et se compose de trois types fondamentaux.
modifier LinguistiqueLa langue berbère appartient à la famille des langues afro-asiatiques (langues couchitiques, copte, langues sémitiques, langues tchadiques…). La majorité des linguistes sont arrivés à la conclusion que l’afro-asiatique vient d’Afrique orientale75,76. Le proto-Afrasien (afro-asiatique) remonte à 10 000 ans selon certains et 17 000 selon d’autres77. modifier Époque moderne
Plusieurs monuments historiques témoignent de la grandeur de l'art archituctural chez les Berbères au Maghreb et en Andalousie. Plusieurs villes et monuments au Maghreb et en Andalousie sont considérés comme patrimoine mondial. La culture et la langue berbère ont survécu depuis les grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VIIe siècle) jusqu'à l'occupation française, en passant par la présence turque ( à l'exception notable du Maroc). À partir de 1881, en Kabylie, l'administration française attribuera des patronymes arabes aux populations qui, jusqu'à cette époque, portaient encore pour certains des noms à consonance latine78. Ainsi, certains tiennent la colonisation française pour responsable en grande partie de l'arabisation de l'Afrique du Nord à l'instar de l'historien Eugène Guernier qui affirme, en 1950, que la France « facilite la diffusion de la civilisation arabe, par la langue, par la loi et par la foi musulmanes. »79 La culture berbère reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des Berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande partie du Sahara — Touaregs en Algérie, au Burkina Faso, au Mali et au Niger. En 1980 éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie réclament l'officialisation de leur langue. En 1996, une réforme de la Constitution algérienne reconnaît la dimension amazigh du pays aux côtés de l'arabe et de l'islam. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité. En 2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre ses ondes de Paris. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée un Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) (site Internet) pour promouvoir la culture berbère. modifier Vie et culture
Artisanat berbère du Maroc
Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890)
Tapis de Kabylie
Traditionnellement, les hommes s’occupent du bétail. Ils migrent en suivant le cycle naturel des pâturages, et en recherchant des sources d’eau et des abris. Ils sont ainsi assurés d’une abondance de laine, de coton et de plantes pour la teinture. De leur côté, les femmes s'occupent des biens de la famille et confectionnent les objets artisanaux — tout d’abord pour leur usage personnel, et ensuite pour la vente dans les souks de leur localité. Les tribus berbères tissent des kilims. Les tapisseries traditionnelles conservent l’apparence et le caractère distinct de la région d'origine de chaque tribu, qui possède en effet son propre répertoire de dessins. Le tissage d’armure toile est représenté par une grande variété de bandes, et plus rarement par des motifs géométriques, tels les triangles et le losange. Les décorations additionnelles, comme les paillettes ou les franges, sont typiquement des tissés berbères du Maroc. Le mode de vie nomade ou semi-nomade des Berbères convient très bien au tissage des kilims. Les us et coutumes diffèrent d'une région à une autre80. Les Berbères en côtoyant différentes civilisations (les Égyptiens, les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Arabes, etc.) se sont inspirés et ont pu être démontré leur savoir. Medracen,Septime Sévère, Massinissa , Juba , Syphax, Jugurtha, etc., ils étaient de grands bâtisseurs, ils ont bâti de grands monuments historiques. Les Berbères ont brillé lors du Moyen-Âge au Maghreb et en Andalousie. Plusieurs berbères étaient des éminents savents , écrivains, traducteurs, arichitectes, artistes, musiciens, philosophes, théologien, etc. La structure sociale des Berbères est tribale. Un chef est désigné pour commander la tribu. Au Moyen Âge, plusieurs femmes ont eu le pouvoir de gouverner comme la Kahina dans les Aurès. Il y a eu plusieurs chefs ou reines Berbères comme Tin Hinan au Hoggar, Chemci ( elle est issu de la grande tribu des Aït Iraten de la Kabylie), Fatma Tazoughert dans les Aurès. Lalla Fatma N'Soumer était une femme berbère de la région Kabyle qui a combattu les Français. La majorité des tribus berbères ont actuellement des hommes comme chef de tribu. En Algérie, la plateforme d'el Ksour en Kabylie ( le Gouvernement algérien et les Arouchs (tribu) Kabyles se sont convenus à cette plateforme) donne le droit aux tribus d'émettre des sanctions pécuniaires à l'encontre des délinquants. Dans les régions des chaouis, les chefs de tribus décrètent des sanctions contre les hors-la-loi81. Les Touareg ont un roi qui décide du sort de la tribu et qui est connu sous le nom de Amenokal. C'est une socièté très hiérarchisée. Les Mozabites sont régit par les chefs spirituels du Ibadisme. Les mozabites ont une vie communautaire. Lors de la crise de Berriane, les notables de chaque tribu ont réglé le problème et ils ont entamé des pourparlers pour arrêter la crise entre Malékite et Ibadite82. Dans les mariages, c'est l'homme qui choisit la femme, et souvent, c'est la famille qui décide, tout dépend de la tribu. Par contre chez les Touareg, c'est la femme qui choisit son futur époux. Les rites de mariages sont différents pour chaque tribu. Les familles sont soit patriarcales ou matriarcales, selon la tribu. La musique berbère est une musique traditionnelle d'Afrique du Nord présentant de grande variété de styles suivant les régions et répandue particulièrement par la musique marocaine, la musique populaire kabyle, la musique des Aurès ( chaouis) et la musique des différents régions d'Algérie, la musique touareg du Niger, du Mali et du Burkina Faso, etc. Les instruments utilisés sont le bendir (grand tambourin rustique) et le gambri ou encore la flûte, qui accompagnent les chants et les danses en rythmant une poésie berbère riche et colorée. Plusieurs rites de Fantasia (Maghreb) sont organisées au Maghreb. Le cheval est important chez les Berbères. Le Barbe (cheval) est un cheval berbère. Les Zénètes étaient des experts dans la manière de monter un cheval (la jineta). modifier Voir aussi
modifier Articles connexes
modifier Bibliographie
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